Le petit flambeau

L'Autriche vue par un universitaire français…

Des cultures universitaires différentes (2)

Dans un récent billet, j’évoquais les cultures universitaires différentes entre la France et l’Autriche, à travers le témoignage d’une étudiante française et suite à mon expérience d’enseignement dans deux universités viennoises. Il y a un point que je n’avais pas abordé, c’est la très délicate question de l’évaluation.

Mes deux cours ont été évalués par les étudiants, de façon anonyme, et je pense que c’est une bonne chose ! En France, pendant mes quatre années de maître de conférences, je n’ai JAMAIS été évalué. JAMAIS personne de l’administration de l’université  ou du ministère ne s’est intéressé à ma production scientifique ou aux cours que j’ai donnés. Ce n’est pas normal.

Ici en Autriche, les enseignants sont évalués pour chaque cours, c’est fait sérieusement et les résultats aident les enseignants à améliorer encore leur cours…

Mon cours « Sciences et structuralisme » (à l’institut de philosophie de l’université de Vienne, en allemand) a donné lieu à ce rapport assez complet mais mon cours « Économie et éthique » (à l’institut des langues romanes de l’université de sciences économique, en français) a été évalué par une série de graphiques et commentaires que j’ai traduits ci-dessous (il faut cliquez pour agrandir dans une nouvelle fenêtre). Evaluer oui, mais pour quoi faire, that’s the real question.


Je dédie ce billet positif sur l’Autriche
à tous les grincheux (et aux quelques
rares grincheuses) qui me reprochent
de trop souvent critiquer l’Autriche !

🙂

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7 avril 2010 - Posted by | Autriche, Enseignement, Uncategorized | , , , ,

7 commentaires »

  1. Dans mon école (d’ingénieur en agronomie), il est obligatoire d’évaluer TOUS les cours. Via le site internet de l’école, nous devons remplir un questionnaire comportant un certain nombre de questions plus ou moins pertinentes relatives aux méthodes pédagogiques, au contenu des cours, au matériel mis à disposition, au volume horaire consacré à la matière etc.
    C’est simple, nous devons évaluer les cours si pour pouvoir prendre connaissance de la note obtenue au partiel. C’est pour nous l’occasion de nous exprimer, et même si certains élèves ne le remplissent pas forcément sérieusement, beaucoup le font. Encore faut il que les professeurs lisent nos remarques… Ce n’est malheureusement pas systématique !

    Commentaire par Diane | 8 avril 2010 | Réponse

  2. Une évaluation n’a d’intérêt que si elle aide l’évalué à s’améliorer (sinon ça s’appelle un concours) donc en effet la vraie question est « on en fait quoi ? »

    Le bon enseignant pourra toujours en tirer les enseignements pour s’améliorer mais celui qui reçoit des critiques et qui persiste dans ses mauvaises pratiques, que faire ?

    Commentaire par sjaubert | 8 avril 2010 | Réponse

  3. Moi, j’ai plutôt l’impression d’être évaluée en permanence.
    Quadrienaux, AERES, Demandes de financement, une fois que les financements sont accordés, les rapports (tous les 6 mois), demande de congés de recherche etc…… De plus, dans plusieurs cours que je donne, les étudiants doivent évaluer les enseignements. Je viens d’ailleurs juste de recevoir le bilan des retours des enseignements d’histoire des sciences que j’ai fait en L2 de chimie au 1er semestre… Il ne faut pas faire de ton cas une généralité, et en quelques années, l’université change, pas forcement en bien… :-)))

    Commentaire par Nathalie | 13 avril 2010 | Réponse

  4. Merci pour cette intéressant analyse, qui confirme mes propres expériences autrichiennes.
    Je désirerais toutefois faire une remarque d’ordre plus général. La culture universitaire autrichienne est en fait proche de celle que l’on trouve en Scandinavie et aux USA, et aussi en Allemagne, et par conséquent très différente de celle que l’on trouve en France. Au risque de m’attirer de nouveaux ennemis (ce qui me fait toujours plaisir, Monsieur le Modérateur!), il se trouve que la spécificité francaise, dans l’enseignement en général, est qu’elle reflète (est-ce étonnant?) la société francaise. Un des traits les plus typiques, est que les élèves ou étudiants sont traités comme des « suspects » en garde à vue; l’humiliation est quotidienne . Voici un exemple, auquel personne d’entre vous n’a sans doute pensé, tellement il semble anodin: en France quand on rend les copies, on le fait en classe en clamant bien fort le nom et la note. Qui d’entre nous ne se souvient de l’humiliation ressentie lorsque le prof vous rendiat votre oeuvre avec un commentaire « humoristique » ou méprisant, faisant ricaner les camarades? Je l’ai fait moi-meme, quand j’étais jeune prof en France, tant ca me semblait naturel. Jusqu’au jour ou j’ai eu la bonne idée d’aller voir ailleurs. Après de longues années passées en Amérique du Nord, en Scandinavie, en allemegane, en Autriche j’ai réalisé que ce n’est qu’en France (ou peut-etre aussi dans d#autres pays Latins?) qu’on humilie, qu’on méprise, qu’on se moque… Tel méthode d’enseignement, tel pays? Je le crois. Je ne critique évidemment pas ici la qualité de l’enseignement francais (il a de beaux restes, et reste globaleemnt excellen).

    Commentaire par M. de Gosson | 9 mai 2010 | Réponse

  5. Et ce blog ? Quand sera-t-il évalué ? Les amis de Jörg H*** et Nicolas S*** seront-ils invités à mettre des notes ?
    Voilà la vraie question qui fâche.
    Personnellement, je mets un 8,75/10, afin de laisser à l’auteur le temps de s’améliorer.

    PS : non, en fait, je mets d’emblée un 9,75/10. Le niveau de ce blog est très nettement supérieur à ce que la presse française propose. C’est même presque meilleur que la Kronen Zeitung.
    PS2 : j’oubliais, il faudrait aussi que les amis de Joseph R*** puissent mettre des notes. Alors, on rigole moins ?

    Commentaire par 'pataphysicien recalé à l'ENA anonyme | 10 mai 2010 | Réponse

  6. « Je dédie ce billet positif sur l’Autriche
    à tous les grincheux (et aux quelques
    rares grincheuses) qui me reprochent
    de trop souvent critiquer l’Autriche ! »
    Monsieur est trop bon.
    Décidément après être un gros con, me voilà un grincheux… Il vaut mieux aimer ce que tu écris et être d’accord. Je suis tellement déçu de voir réduit mon point de vue à celui d’un nain de blanche neige que je vais me faire un … Nespresso!

    Commentaire par Jean-Paul Brugière | 29 septembre 2010 | Réponse

    • Le gros con, dans le billet sur le Nespresso, c’est celui qui va chercher son pain au coin de la rue en 4×4. Tu n’es donc en rien concerné.
      « Grincheux : râleur, qui se plaint… » : oui, tu te plains assez régulièrement de mes billets critiques.
      Mais si tu devais être un des sept nains, tu serais « Prof », comme moi 😉 Tu ne cesses de me corriger.
      J’ai l’impression que tu ne lis que ce qui est négatif sur l’Autriche et que par capillarité, tu prends ça pour toi. As-tu lu les lignes où je m’enthousiasme de la façon dont l’Autriche soutient les Roms, par exemple ?

      Commentaire par segalavienne | 29 septembre 2010 | Réponse


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