Le petit flambeau

L'Autriche vue par un universitaire français…

Des cultures universitaires différentes

Cliquer pour agrandirPendant ces deux dernières années d’enseignement à Vienne, dans deux universités différentes, j’ai souvent eu envie de rédiger quelques commentaires sur les différences de comportement des étudiants, en France et l’Autriche. Lorsqu’une jeune étudiante française, Diane, m’a fait part de ses impressions eau début de son semestre  Erasmus, j’ai constaté que ses propos étayaient mes hypothèses. Les lignes qui suivent ne  reflètent que de nos deux témoignages et ne prétendent en aucun cas établir des types fondamentaux. Toutefois, ils laissent tout de même entrevoir certaines différences culturelles qu’il conviendrait d’étudier sérieusement.

D’abord l’organisation des études. En Autriche comme en Allemagne, les études complètement semestrialisées durent plus longtemps qu’en France (environ 2,2 ans, cf. le rapport OCDE 2009 (pdf) et cette note sur le site de l’ORF). Les étudiants autrichiens travaillent plus souvent qu’en France pour financer leurs études et ils doivent  parfois attendre pour pouvoir s’inscrire avec tel ou tel prof en master ou pour passer un examen.

Lorsque j’ai enseigné la philo à l’université de Vienne, en niveau master, j’ai organisé un partiel au dernier cours. Il y avait cinq sujets au choix, sur les liens entre le structuralisme et les sciences dites exactes. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque j’ai récupéré les copies ! De vrais torchons, souvent sur des blocs de papier brouillon sommairement déchirés. J’ai mis des notes entre 1 (très bien) et 5 (très insuffisant) mais les rares étudiants à qui j’ai mis des notes qui ne leur donnent pas leur UV (4 et 5), avaient le droit d’écrire à nouveau leur partiel ! Sur trois étudiants que j’avais collés, deux sont venus repasser l’examen.

Sur sa copie un étudiant me suggérait de lui envoyer un mail si je n’arrivais pas à le lire. Mes traductions, pour vous lecteurs francophones, sont en vert.

Quelques copies anonymisées

Cliquez sur les copies pour pouvoir

les lire.

Les germanophones apprécieront

en outre le contenu

Et côté étudiant, ce témoignage de Diane, française arrivée en février 2010 à la Boku (Université de sciences agronomiques) :

J’ai demandé à mon buddy, mon parrain de l’université, si ça se passait toujours comme cela dans les facs, en Autriche… Il m’a répondu que oui, c’est tout à fait normal de sortir en plein milieu du cours pour aller se chercher un café, manger son goûter, répondre au téléphone, remplir sa bouteille etc. Ou même simplement pour prendre l’air parce que le cours devient moins intéressant. Peut être est-ce dû au fait que les professeurs n’accordent pas de pause durant les 1h30 de cours… Mais en tout cas ils ne réagissent pas aux allers-retours de leurs élèves. Ils ne sont pas non plus pointilleux sur les horaires, puisque certains élèves arrivent avec 1h de retard (pour un cours d’1h30), et que d’autres quittent la salle avant l’heure. Peut être ont-ils des cours qui se chevauchent et n’ont pas d’autres choix… Pourtant aux cours de sport, tout le monde est toujours à l’heure !

Il y a quand même une différence notoire entre les cours niveaux master et les cours niveau bachelor. J’ai fait, par erreur, un cours niveau bachelor, il y a autant de mouvement, sauf qu’en plus les élèves discutent entre eux, sans se soucier du cours. En master, les étudiants ont au moins ce respect de ne pas trop parler.

L’équipement des salles est par contre bien meilleur… Rétroprojecteur, wifi et prises dans les salles de cours, tableaux blancs avec marqueurs etc. Il arrive juste qu’à certains cours, il y ait un problème de place et que tous les élèves ne puissent pas s’asseoir… Certains sont donc obligés de se mettre par terre.

Au niveau même de l’organisation, il y a une grosse différence. Notamment pour certains cours, la première heure est consacrée à trouver des créneaux qui permettent à tous les élèves souhaitant suivre le cours d’y assister. Et quand il est impossible de trouver un terrain d’entente… Et bien j’ai un cours le samedi et un autre le dimanche… Ça non plus je ne pense pas que ça soit possible en France, que des élèves daignent se déplacer le week-end !

Certains professeurs n’hésitent pas du tout à nous dire que les cours sont obligatoires, et que l’ont ferait mieux de rester chez nous et de faire de l’e-learning puisque tous les supports pédagogiques sont à notre disposition sur le (très bien fait) site de la fac. D’autres nous remercient d’être venus si nombreux en début de cours et nous remercient d’être restés jusqu’au bout à la fin du cours, en nous demandant bien si le cours correspondait bien à nos attentes, mais que surtout nous n’hésitions pas à lui faire part de ce qui ne nous plaisait pas pour qu’il change le contenu de son cours…

Le comportement des professeurs est donc variable, mais celui des élèves est toujours le même, et encore moins respectueux en cours de bachelor ! Je parle par contre des cours type « Vorlesung » [NDJ : cours magistral], il existe d’autres types de cours faisant par exemple intervenir des travaux pratiques, des visites, où la présence est requise pour des raisons d’organisation.

14 mars 2010 - Posted by | Uncategorized | , ,

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