Le petit flambeau

L'Autriche vue par un universitaire français…

Une tour futuriste

Vienne, 11 octobre 2014

Vienne, 11 octobre 2014

Lors d’une de mes sorties en course à pied, un jour de brume, je suis passé au pied de la DC Tower, la plus haute tour d’Autriche, conçue par un architecte français, Dominique Perrault. Ce fut l’occasion de prendre quelques photos un peu futuristes, visibles sur cet album. Le réalisateur Hannes Gellner propose ci-dessous une présentation du documentaire qu’il a consacré à ce bâtiment, puis son film (en ligne) et enfin deux notices biographiques.


Au printemps 2014, l’architecte français Dominique Perrault inaugura à Vienne le bâtiment le plus élevé d’Autriche, la DC Tower, haute de 250 mètres. À l’origine du projet, il y a un site au potentiel incroyable : un terrain libre, face à la Vienne impériale, rattaché à la géographie du Danube, en tête du pont reliant les deux moitiés de la ville. Le réalisateur franco-autrichien Hannes Gellner retrace en filigrane l’histoire mouvementée de ce terrain sur les bords d’un fleuve difficilement maîtrisable au cours des siècles, et pose la question du voisinage architectural du géant en verre et en acier. Une panoplie d’opinions enthousiastes mais aussi critiques est confrontée à la construction et au résultat de cette immense tour qui ne laisse guère indifférent. Son interaction avec la silhouette urbaine de Vienne est au cœur du débat.

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14 octobre 2014 Posted by | Art, Autriche | , , , | 3 commentaires

Le Festival du film juif de Vienne a débuté !

La 19ème édition du Festival du film juif a débuté à Vienne jeudi 17 novembre avec le Film Les Hommes libres,d’Ismaël Ferroukhi. L’historien Benjamin Stora, conseiller historique sur le film, est venu discuter avec le public. En ces temps troublés où le conflit au Moyen Orient ne nous incite pas à l’optimisme, il était important pour nous, au sein de l’équipe, de montrer un film où des musulmans sauvent des enfants juifs en plein Paris occupé. Parmi les autres films français que je recommande chaleureusement (Les hommes libres se rejoue le 3 décembre à 15h15 au cinéma de France): Lire la suite

21 novembre 2011 Posted by | Art, Autriche, Judaïsme, Roms | , , | Un commentaire

Un concert du nouvel an… bien silencieux !

Wilhelm Jerger (1902-1978), à la tête du Philharmonique de Vienne en 1938, membre du NDSAP depuis 1932, de la SS depuis 1938

Quoi de plus emblématique pour Vienne que la grande roue du Prater, les Mozartkugeln, l’école espagnole d’équitation… et le concert du nouvel an donné par l’orchestre philharmonique de Vienne ? Voilà sans doute quatre caractéristiques majeures de la capitale autrichienne, du moins d’un point de vue purement touristique. Ce concert du nouvel an (‘Neujahrskonzert’), généralement consacré à l’œuvre de la famille Strauss, est devenu l’événement le plus diffusé au monde dans le domaine de la musique classique, retransmis dans plus de 70 pays.

Dans la présentation des origines de ce concert, on trouve souvent mention du fait que le premier concert eut lieu le 31 décembre 1939, sans pour autant que les auteurs s’attardent sur le contexte de la période.

Cliquez sur la vignette pour agrandir

Ci-contre, un extrait de journal paru la veille du premier concert permet de se replonger dans l’atmosphère de l’époque (Das Kleine Blatt 30.12.1939). Le titre : « Les faux documents du spectateur juif »

« Le Juif Friedrich Israel Wenger se rendait le 23 octobre à une pièce qui se jouait à la Rolandbühne. Il savait bien que les représentations théâtrales étaient interdites aux Juifs, mais il est entré la tête haute et la démarche assurée dans les allées du théâtre (…). Il déclara être aryen et pour « preuve » présenta un certificat de naissance et un acte de baptême. Le policier ne tomba pas dans le panneau. (…) L’accusé fut reconnu coupable et condamné pour fraude à deux mois de cachot. »

Au sujet du Neujahrskonzert, deux points au moins méritent d’être soulignés : d’une part, l’orchestre philharmonique faisait l’objet dès les années 1920 d’une politique explicitement antisémite et, d’autre part, les origines juives d’une partie de la famille Strauss ont été cachées suite à des décisions prises au plus haut niveau de l’appareil nazi.

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6 janvier 2011 Posted by | Antisémitisme, Art, Autriche, Mémoire, Nazisme | , , , , , | Un commentaire

Un pas vers la justice, plutôt qu’une « sensationnelle histoire d’amour » !

Le sensationnel… (cliquez sur la photo pour la voir dans la rue)

Excellent article de J. Stolz paru le 24.08.2010 dans Le Monde.

Reconnaissons d’abord qu’un petit progrès a été accompli dans la restitution des œuvres d’art issues des spoliations nazies. En avril 2008, j’avais publié un texte intitulé Art Restitution in Austria: Still a long way to go, dénonçant à la fois la législation en vigueur (la ‘Kunstrückgabegesetz’ de 1998) et le manque de bonne volonté évident de la fondation Leopold, du nom du grand collectionneur Rudolf Leopold, mort à 85 ans en juin 2010. Ce dernier a acquis après-guerre, souvent dans les années 1950, des œuvres qui en réalité, avaient souvent appartenu à des Juifs qui avaient été spoliés ou contraints de vendre à des prix dérisoires leurs tableaux. Leopold s’est toujours défendu en affirmant qu’il achetait ces tableaux de bonne foi, ignorant les modalités des acquisitions passées. Il a de plus ouvert le Leopold Museum, en 2001, pour que le public puisse voir une (petite) partie de sa collection. En 1998, un tableau d’Egon Schiele,  le portrait de sa compagne Walburga Neuzil (dite ‘Wally’), avait été prêté pour une exposition à New York. Suite à une plainte, ce tableau avait été confisqué et un débat sur la restitution était ainsi né en Autriche. Aujourd’hui, 20 août 2010, Lire la suite

20 août 2010 Posted by | Art, Autriche | , , , , , , , | Laisser un commentaire

Culture pour tous, dans l’espace public

Sur Europe 1, le 13 mars 2011, j’ai parlé de cette initiative (concernant les livres) dans « Carnets du Monde » (mp3, 4’42).

8 mai 2010 : Et oui, mon 100ème billet sur ce blog fera l’éloge de deux initiatives viennoises !

Passant en vélo devant une boîte remplie de livres, je me suis arrêté un instant. Le principe de cette étagère de livres est simple : tout le monde peut venir prendre des livres ou en apporter (ajoutant alors un autocollant sur la tranche, au nom de ce projet, cf. site). Et voilà, le tour est joué ! Ce qui a motivé l’auteur du projet, Frank Gassner, c’est le dégoût de voir l’espace public  gagné par le commerce et la publicité (cf. mon récent billet à ce sujet). Il a dépensé 1700 € pour ce projet, notamment pour les démarches nécessaires auprès des autorités locales. BRAVO, j’applaudis des deux mains ! Cette petite bibliothèque collective est en place depuis le 5 février et semble promise à un bel avenir ! (ici un article sur cette initiative).

Une autre initiative, non moins intéressante, est celle du ‘poète des petits billets’ (Zettelpoet), Helmut Seethaler. Depuis 1974, il a accroché des millions de poèmes (critiquant souvent la société de consommation), dans les lieux publics les plus divers. Ceci lui a valu plus de 1100 PV, dont 19 condamnations qu’il a toujours réussi à faire annuler en appel, mais il vient d’être condamné à deux mois avec sursis, le 18 février dernier pour avoir écrit un poème par terre devant le Museumsquartier !

Vidéo de quelques unes de ses bonnes actions :

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8 mai 2010 Posted by | Art, Uncategorized | , , , , , | Laisser un commentaire