Le petit flambeau

L'Autriche vue par un universitaire français…

Homo Austriacus et ses poubelles

Les Autrichiens ne rigolent pas avec leurs poubelles. Déjà, ils pratiquent un tri assez poussé par rapport à ce qu’on rencontre dans d’autres pays comme la France, mais, en outre, il n’est pas question que des étrangers aillent remplir des poubelles qui ne leur appartiennent pas ! Ainsi, à Hietzing, un quartier plutôt huppé de Vienne, proche de la nature avec l’immense Lainzer Tiergarten (24,5 km², soit un quart de la superficie de Paris), on trouve des poubelles enfermées derrière des grilles, protégées par un beau petit toit en tôle…

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1 juin 2022 Posted by | Uncategorized | Laisser un commentaire

Le mépris des animaux et des femmes condensé dans un calendrier

En Autriche, « l’Alliance des jeunes paysans », très proche du parti conservateur ÖVP, joue un rôle de couveuse pour former des lobbyistes du monde agricole, et plus précisément pour défendre les intérêts des éleveurs. Ils organisent chaque année une grande « fête des moissons » sur la Heldenplatz, la place emblématique de Vienne.  Depuis 2001, ils éditent également un calendrier censé mettre en valeur leurs activités. Nommé le 10 mai dernier nouveau ministre de l’agriculture, Norbert Totschnig n’est d’ailleurs autre que l’inventeur de ce calendrier.

Dans l’édition 2023, ils présentent des femmes dévêtues dans des situations propres à l’élevage intensif avec pour idée de présenter « l’attractivité » du métier. Rarement le parallèle entre le sexisme et le spécisme, entendu comme discrimination fondée sur l’appartenance à l’espèce, n’aura été aussi lisible. Sur le sujet, la lecture du livre de Carol J. Adams s’impose (La politique sexuelle de la viande: une théorie critique féministe végétarienne, L’âge d’homme, 2106) !

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15 mai 2022 Posted by | Uncategorized | , | Laisser un commentaire

A nouveau des réfugiés de l’Est à Vienne : comment aider ?

Dans son édition du 18 septembre 1914, le quotidien social-démocrate Arbeiter Zeitung (« journal des ouvriers ») fait état de 70 000 réfugiés venus, en raison de la guerre, des provinces de l’empire austro-hongrois correspondant en parties aux frontières de l’actuelle Ukraine, la Galicie et la Bucovine. Parmi eux, quatre cinquièmes de Juifs. L’édition du 26 octobre 1915 mentionne un “comité d’aide pour les réfugiés ukrainiens”…

Comment aider aujourd’hui les familles ukrainiennes qui arrivent ? Il y a essentiellement trois sites : http://www.trainofhope.at/ (Vienne), https://where2help.wien/ (idem), https://fuereinand.at/ (dans toute l’Autriche) mais aussi, au niveau international, https://www.ukrainetakeshelter.com/

Deux annonces :

Vous pouvez aider à la gare centrale (Hauptbahnhof) et au Ernst-Happel-Stadion. Contacter
Gregor et l’équipe de füreinand’ mitmachen@fuereinand.at

et

Vous pouvez préparer des petits sacs de « piquenique » avec sandwich, snack, boissons. Et les apporter au stand Caritas de la gare Hauptbahnhof (au milieu de la gare vers les quais 7-8)
Il y a beaucoup de familles et les sandwich partent en quelques secondes.
Il y a aussi possibilité de leur apporter d’autres produits type hygiéniques.

Pour communiquer, dans le cas où vous hébergez des Ukrainien.ne.s qui ne parlent pas de langues que vous connaissez, l’appli Google translate offre un mode « conversation » excellent. Vous parlez en français, votre téléphone traduit en ukrainien (et prononce), et vice-versa.

18 mars 2022 Posted by | Uncategorized | , , , | Laisser un commentaire

Une Odyssée peu commune, de Vienne à Menton

A la faveur de la reprise des trains de nuit entre Paris et Vienne, j’ai pu lire d’une traite, la nuit dernière, la biographie d’Herbert Traube, Une Odyssée peu commune, de Vienne à Menton (Musée d’histoire et des sciences de l’Homme, 2015). Né à Vienne en 1924, c’est à 15 ans que le jeune Herbert a dû fuir le deuxième arrondissement de sa ville natale pour la Belgique, d’abord avec sa mère et sa sœur, avant d’être rejoint bien plus tard par son père. Fuyant l’occupation allemande, la famille se réfugie dans le sud de la France et le jeune Hebert est interné dans trois camps : ceux de Gurs et Rivesaltes mais aussi le camp d’Aix-les-Milles. Sa mère meurt d’épuisement au camp et son père est déporté à Auschwitz (ce qu’il n’apprendra qu’à la fin de la guerre). Herbert parvient, lui, à s’évader acrobatiquement d’un autre train de déportation, à nouveau vers le camp de Riveslates… Engagé de la première heure dans la Résistance à Marseille, il signe pour cinq ans à la Légion étrangère.

Participant au débarquement en Provence (août/septembre 1944), il poursuit avec son unité de légionnaires en Alsace, en Allemagne… libère Stuttgart puis se retrouve au Vorarlberg en Autriche. A l’été 1945, les combats ne sont pas finis pour lui puisqu’il est envoyé en Indochine et témoigne d’atrocités commises par l’armée française. C’est le seul moment du livre où il y a quelques mots en lettres capitales : « Ce n’était plus MA GUERRE » (p. 215). Il ose d’ailleurs cette question ô combien pertinente au regard des mouvements de décolonisation : « N’étions-nous pas aux yeux des Vietnamiens ce que les Allemands avaient été aux yeux des Français juste quelques années auparavant ? ».

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15 décembre 2021 Posted by | Uncategorized | Laisser un commentaire

Pourquoi si peu de vaccinations en Autriche ?

Le taux de vaccination en Autriche est « honteusement bas », c’est le nouveau chancelier Alexander Schallenberg lui-même qui l’a reconnu avant d’annoncer précipitamment, vendredi 19 novembre, un quatrième confinement pour une durée de 20 jours à compter du lundi 22 novembre. La communication du gouvernement a été pour le moins erratique. Le 25 juin dernier, le chancelier Sebastian Kurz (pas encore démissionnaire) lançait une nouvelle campagne d’affichage à la gloire de son action, annonçant « Nous avons maîtrisé la pandémie ». Pendant l’été, la campagne de vaccination n’a pas été très médiatisée et, fin octobre, A. Schallenberg promettait qu’il n’y aurait pas de confinement pour les vaccinés, espérant sans doute ainsi relancer le taux de vaccination. Effectivement, un mois plus tard, un confinement était décidé pour les non-vaccinés en Haute-Autriche et dans le Land de Salzbourg, mais au cinquième jour de ce confinement particulier, c’est tout le pays qui allait passer sous cloche.

Aujourd’hui si 23% des Français ne sont pas vaccinés, ce sont 31% des Autrichiens qui sont dans ce cas. Une infographie en date du 9 novembre concernant la population des plus de 12 ans, susceptible donc d’être vaccinée, était plus explicite encore :

Les trois pays germanophones présentent des similarités et le cas de l’Italie le confirme : c’est la région du Tyrol du Sud, en partie germanophone, qui est la moins vaccinée du pays. Comment expliquer cela ?

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24 novembre 2021 Posted by | Uncategorized | , | 2 commentaires

Leçons de l’exil de deux Viennois et une Pragoise

Trois destins extraordinaires sont au centre du livre d’Anne Saint Sauveur-Henn, Les forces de vie des exilés, témoignages historiques et thématiques intemporelles (Ed. Le Bord de l’eau, 2021). Un jeune Viennois, déporté à 13 ans, subit le pire que l’on puisse imaginer (à Auschwitz puis Dachau) et trouve la force de sauver une orpheline tout en lui cachant, pour la préserver, que ses parents sont morts en déportation et qu’il n’est pas le père biologique. A partir de 1949, il restera en Amérique du Sud. Autre Viennois, Fritz Kalmar, juriste de formation, prend conscience de sa judaïté à travers les persécutions et est contraint de quitter l’Autriche en 1938, s’installant en Bolivie où il fonda en 1941 la Fédération des Autrichiens libres. Lenka Reinerová, elle, est née à Prague mais dans une famille germanophone. Elle aussi se découvre juive en 1938 et échappe aux persécutions en s’exilant, d’abord à Paris. En septembre 1939, avec l’entrée en guerre de la France, elle est considérée comme suspecte, ressortissante d’une nation ennemie, et internée à la prison de la Roquette. Elle parvient à quitter l’Europe en 1941, en s’installant elle aussi aux Amériques, au Mexique où elle fait vivre la langue allemande et la culture tchèque (elle fonde Freies Deutschland, d’obédience communiste, avec Heinrich Mann, puis un journal tchèque en espagnol). Ces trois personnes vivent plus de 90 ans et surmontent les douleurs de l’exil, notamment par l’écriture et la transmission : Fritz Kalmar publie cinq livres entre 86 et 96 ans, Lenka Reinerová neuf livres entre 67 et 91 ans !

Anne Saint Sauveur-Henn propose un livre original en deux parties. Dans la première Lire la suite

2 juin 2021 Posted by | Uncategorized | , | Laisser un commentaire

Les végétariens et véganes en Autriche

Le véganisme en Autriche...

Article paru dans la revue Virage de la Société végétarienne de France, n°8, hiver 2021, pp. 10-11.

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9 février 2021 Posted by | Uncategorized | Laisser un commentaire

À Vienne, le temps de l’innocence est révolu

En PDF, « À Vienne, le temps de l’innocence est révolu », Le Journal du dimanche, 8 novembre 2020, p. 18

8 novembre 2020 Posted by | Uncategorized | , | Un commentaire

Homo Austriacus titulus (II)

post3Il y a près de 10 ans, en septembre 2011, je consacrais un billet de ce blog à la folie des titres qui fait encore rage en Autriche. Il s’agit essentiellement de titres universitaires, mais pas seulement, les fonctionnaires méritant peuvent aussi recevoir un titre. Ces jours-ci, cherchant à suivre un colis qui devait arriver par la poste autrichienne, j’ai dû m’enregistrer sur le site. Et là, rebelote, on me demande mon titre premier (« vorangesteller Titel ») et mon titre second (« nachgesteller Titel ») ! Avec pas moins de 33 possibilités pour le premier titre et dix pour le second, Lire la suite

12 juin 2020 Posted by | Uncategorized | Un commentaire

En Autriche, on épelle encore les mots comme les nazis l’ont décidé

NWBLorsqu’on épelle un mot au téléphone en France, on est souvent amenés à utiliser un alphabet radio de référence (1). En Autriche, il y a aussi un alphabet radio mais il conserve les modifications imposées par les nazis en 1933 ! Le 22 mars de cette année, un certain Herr Schliemann, de Rostock, écrit pour qu’on enlève les prénoms juifs de la liste. Au lieu de dire « David », « Jacob », « Nathan » et « Samuel », respectivement pour les lettres « D », « J », « N » et « S », on dira dès lors « Dora », « Jot », « Nordpol » et le prénom très wagnérien « Siegfried » ! En 1948 les Allemands ont au moins remis « Samuel » dans la liste (norme DIN 5009), mais pas les Autrichiens (dans leur norme A 1081). Lire la suite

13 mai 2020 Posted by | Antisémitisme, Autriche, Uncategorized | | Un commentaire