Le petit flambeau

L'Autriche vue par un universitaire français…

Les idées reçues sur les Français de l’étranger et la question de la gratuité de l’enseignement

Français de létranger pas nécessairements expats

Français de l'étranger pas nécessairement "expats"

Intéressante mise au point de la FCPE

Bonjour !

Français vivant à l’étranger, je tiens à faire part de ma colère devant ces mensonges et âneries (je reste poli) qui circulent partout au sujet de la mesure de gratuité dans les lycées français de l’étranger. Le texte ci-dessous, faisant écho à un article du Canard, appelle la mise au point suivante, que je résume pour ceux qui ne disposent que de peu de temps pour lire cela :

  • Les Français vivant à l’étranger ne sont PAS DES EXPATRIES, dans leur immense majorité. Nous sommes environ 2 millions de Français ayant fait le choix de vivre à l’étranger, souvent pour découvrir une autre culture et faire connaître la culture française. Je vis par exemple en Autriche depuis 4 ans, après 7 ans passées en Allemagne, cela correspond avant tout à la vision de l’Europe à laquelle j’entends contribuer. Un expatrié, c’est quelqu’un qui est envoyé par une entreprise ou un ministère, pour aller travailler dans le pays concerné. C’est une minorité de Français !
  • La MAJORITE des Français concernés par cette mesure sont des gens comme moi ou des binationaux. Pourquoi devrait-on payer le collège et le lycée à Vienne (où j’habite) et pas à Paris, Lyon ou Marseille ? Pour ceux que ça intéresse, je suis maître de conférences en France et suis ici, à Vienne (en Autriche), moins payé que si j’exerçais en France. Il y a aussi des Français qui survivent avec les aides des consulats…
  • On en a RAS-LE-BOL d’être assimilés aux expatriés, qui eux, effectivement, sont souvent grassement payés. On sent en outre tellement de jalousie et de ressentiment dans la prose nauséabonde de la FCPE ou dans l’article du Canard.
  • Le VRAI PROBLEME de la mesure mise en place par Sarko, c’est l’inégalité de traitement entre citoyens européens. De la même manière qu’un pays de l’Europe des 27 ne peut pas dire « les allocations familiales, c’est que pour nos ressortissants », il n’est pas conforme au DROIT EUROPEEN de réserver des avantages aux Français. L’Autriche, par exemple a été condamnée pour avoir limité l’accès de ses universités aux étudiants allemands qui, en raison d’un numerus clausus chez eux, ont littéralement envahi certaines facultés de médecine autrichiennes. C’est un vrai problème de droit, intéressant dans l’optique de la construction d’une Europe des citoyens. – Parlons avec des données chiffrées, cela évitera de donner libre cours aux fantasmes et aux jalousies. L’association démocratique des Français à l’étranger (une des deux associations, l’autre, UFE, est plutôt proche de l’UMP) a publié des données intéressantes, agrégées à partir des documents du MAE et de l’AEFE qui gère les établissements français à l’étranger (Agence pour l’enseignement français à l’étranger) Je me réfère à ce PDF : p. 4 : « Les élèves français du réseau AEFE coûteraient 521 M€ s’ils étaient scolarisés en France. Ils ne coûtent que 381 M€ dont 217 M€ payés par les familles. » p. 3 on apprend que 27% des élèves français du réseau AEFE ont les frais de scolarité payés par l’employeur. Cela correspond sans doute à quelques expatriés et chanceux managers dont l’entreprise préfère payer des avantages en nature. Mais même dans le cas des riches, pourquoi devraient-ils payer le collège à Berlin et pas à Toulouse ?

Alors à ceux qui critiquent bêtement cette mesure de gratuité : c’est ça votre conception de l’Europe ? On doit être punis si on fait le choix de faire rayonner la culture française à l’étranger ? Bravo ! Ce que je critique dans la mesure Sarko, c’est que c’est, comparativement, le volume alloué aux bourses, pour les élèves de tous les niveaux, qui est réduit ! Dans l’article du Canard on lisait à propos des cas de riches expatriés : « C’est scandaleux, commente Michèle Bloch, élue de gauche à l’Assemblée des Français de l’Étranger. Pour aider les familles, il suffisait d’élargir le système des bourses.” Le texte présenté comme émanant de la FCPE (que je n’ai pas trouvé sur leur site) n’a pas repris cet extrait. Ci-dessous, quelques remarques ponctuelles (et joins à la fin une réflexion intéressante CONTRE la mesure).

J’ai reçu ce torchon :

———————————————————————

Info de la FCPE, merci de la diffuser largement autour de vous.

Pendant que le gouvernement ratiboise les effectifs des profs, Sarkozy veut imposer une réforme géniale. Il a décidé d’offrir aux expatriés la gratuité des écoles et lycées français de l’étranger. Un cadeau sympa, non ? – NON UN DU. Sauf qu’il va surtout profiter aux plus aisés

– NON CELA PROFITERA A TOUS ET A LA LIMITE LES EXPATRIES VRAIMENT RICHES S’EN FICHENT UN PEU CAR LES AUTRES FRANCAIS DE L’ETRANGER ATTENDENT CELA AVEC IMPATIENCE, SURTOUT LES PLUS MODESTES

et que l’addition, pour l’Etat, s’annonce carabinée. Ces écoles, très cotées étaient jusqu’à présent payantes. Certains lycées sont des établissements publics, d’autres, privés sous contrat. En tout 160 000 élèves y sont scolarisés, dont 80 000 français. Sous la tutelle du Quai d’Orsay, chaque établissement fixe assez librement ses tarifs et ça atteint des sommets: 5 500 euros l’année à Tokyo, 6 500 à Londres, 15 000 à New York et 17 000 euros -le record- à San Francisco. Au diable l’avarice ! Pour les expatriés modestes, un système de bourses plutôt généreux est déjà en place.

NON PAS SI GENEREUX QUE CA : ICI A VIENNE AVEC MOINS DE 4000 EUROS DE REVENU POUR UNE FAMILLE DE CINQ PERSONNES ON PAYE 600 EUROS PAR MOIS POUR NOS DEUX ENFANTS AU LYCEE (AU LIEU DE 900). SI C’ETAIT GRATUIT NOUS AURIONS PU ALPHABETISER NOTRE DERNIER FILS EN FRANCAIS.

A New York, par exemple, il faut gagner moins de 65 000 euros par an -pas vraiment le smic- pour décrocher 4 500 euros d’aide.

CELA M’ETONNERAIT BEAUCOUP !

Environ un quart des élèves français bénéficient d’une bourse. Mais pour Sarko, ce n’était pas assez. Depuis l’an dernier et à la demande express de l’Elysée, l’Etat prend en charge l’intégralité des frais de scolarité des élèves français de terminale… quels que soient les revenus des parents. Plus besoin de bourse ! A la rentrée de septembre, ce sera le tour des premières, puis des secondes l’an prochain, et ainsi de suite.  »

CE TEXTE EST DATE, C’EST DEJA LE CAS POUR LES ELEVES DE PREMIERE

J’aurais pu commencer la gratuité par la maternelle, a expliqué Sarko, le 20 juin dernier, devant la communauté française d’Athènes. Mais j’ai voulu commencer par l’année la plus chère pour que vous puissiez constater la générosité des pouvoirs publics français. » Encore merci ! Mais générosité pour qui ? A Londres, l’une des familles concernées par ce généreux cadeau déclare plus de 2 millions d’euros de revenus annuels. Et deux autres gagnent plus d’un million.

POUJADISME OU DEMAGOGIE ? ON NOUS PARLE DE TROIS FAMILLES SUR DEUX MILLIONS DE FRANCAIS.

Jusqu’alors, une partie du financement était assurée par des grandes entreprises françaises désireuses d’attirer leurs cadres vers l’étranger. Ces boites, comme Darty ou Auchan, rentrent déjà leur chéquier : pourquoi payer les frais de leurs expat’ si l’Etat régale ? Un coût qui fait boum Au Quai d’Orsay, l’Agence française de l’enseignement à l’étranger a simulé le coût de cette plaisanterie mais s’est bien gardé d’en publier le résultat. Lequel est tout de même tombé dans les palmes du « Canard ». D’ici dix ans, appliquée du lycée jusqu’au CP ( sans parler de la maternelle), la gratuité coûterait à l’Etat la bagatelle de 713 millions d’euros par an !

ET ALORS ? LES HOPITAUX, LES ROUTES ET LES ECOLES EN FRANCE, CELA COUTE AUSSI.

Intenable ! La vraie priorité, c’est l’ouverture de nouveaux établissements, pas la gratuité. Mais pourquoi Nicolas Sarkozy s’est lancé la dedans ? Peut-être parce qu’il se sent personnellement concerné par la question : après avoir été annoncé à New York puis à Londres, petit Louis est finalement inscrit au lycée français de Doha… Et il va falloir payer !

DEBILE. JE NE ME FAIS PAS DE SOUCIS POUR SARKO, IL N’A PAS BESOIN DE CA POUR SON FILS.

Auditionné par le Sénat à la fin juin, Bernard Kouchner n’a pas nié ces menus « inconvénients ». Son cabinet songe d’ailleurs à couper la poire en deux : une gratuité partielle… mais toujours sans conditions de revenus. Sauf que, pour le moment, Sarko n’en veut pas. « Je tiens beaucoup à la gratuité », s’entête-t-il à chaque déclaration à l’étranger. Sans prendre le temps de préciser comment sera financée cette très généreuse gratuité !

CET ARTICLE EST LAMENTABLE… ET DE DEUX CHOSES L’UNE, SOIT CEUX QUI LE FONT SUIVRE NE REFLECHISSENT PAS BEAUCOUP, SOIT ILS SONT MAL INFORMES (soit les deux !).

Lire cet article intéressant de Michèle Bloch (ADFE), qui contient notamment ces questions : « Comment des représentants des Français de l’étranger sincères peuvent ils défendre une mesure qui consiste à consacrer une soixantaine de millions d’euros à 15 000 lycéens français – sans aucune condition de ressources – en laissant plus de 60 000 élèves et collégiens français face à une augmentation de 60% des frais de scolarités sur les cinq prochaines années ? Comment peuvent ils expliquer à leur électorat que cette mesure est juste alors que ces soixante millions d’euros, ajoutés au budget des bourses auraient permis d’aider trois fois plus d’élèves (plus de 45 000) sur la base de critères sociaux ? »

Lorsqu’elle écrit « 50 postes d’expatriés seront transformés en postes de résidents », on peut se dire que cela fait 50 expats en moins et 50 Français de l’étranger non-expats en plus, mais le problème est que si les expats sont payés par l’AEFE, ce sont les lycées qui doivent payer les résidents, et donc les parents d’élèves !

6 février 2009 - Posted by | Français de l'étranger | , , ,

17 commentaires »

  1. Cher Jérôme, je suis entièrement d’accord avec toi pour trouver qu’il soit normal que les Français de l’étranger ne paient pas l’école française. Les enfants francophones sont indispensables au système de lycées français, ne serait-ce que parce que sans eux, les autres enfants n’apprendraient pas la langue (et la culture) française(s) de la même façon. Du coup, c’est peut-être à tous les enfants francophones (et non pas – ou: en plus des – européens) à qui il faudrait promettre la gratuité?… Ce qui est problématique à mes yeux en tout cas, c’est la façon dont Sarkozy entend financer la gratuité: pour l’heure, il semble que ce soit en prenant sur le budget des instituts culturels, Alliances françaises et autres instituts de recherche français à l’étranger, qui ferment les uns après les autres… est-ce bien raisonnable?… On peut peut-être se « consoler » en songeant qu’il fermerait tout de toutes façons même s’il n’avait pas promis la gratuité (!) mais la situation n’est guère réjouissante.

    Commentaire par Muriel Blaive | 6 février 2009 | Répondre

  2. Très intéressant et bien écrit, la photo est très bien choisie.
    Cet article éclaire la réalité d’une situation confuse vue de loin et a le mérite d’éclaircir cette injustice de traitement.
    L’équité, en moultes domaines, semble bien loin …

    Commentaire par falcou segal Mathilde | 7 février 2009 | Répondre

  3. Comme tu l’a bien dit c’est un choix mais cela ne justifie en rien que l’éducation nationale soit obligée du fait de ces choix depayer pour tous alors qu’aujourd’hui se pose plus que jamais des problèmes de budget (suppression de postes dans l’éducation, suppression des résea ux d’aide aux élèves en difficulté, non remplacement d’un fonctionnaire sur deux etc..) Certes tu va me dire qu’il faut tout financer mais ce qui est génant c’est que c’est le même Sarkozy qui a décidé de ces mesures edonc qui a fait des choix. Ce choix là, je suis désolée de le dire ne me paraît une priorité en ce moment.

    Commentaire par Joelle | 10 février 2009 | Répondre

    • Ma réponse : et à ceux qui choisissent d’habiter à la montagne, il ne faudra pas que tu oublies de leur facturer l’électricité plus cher.

      Commentaire par segalavienne | 10 février 2009 | Répondre

  4. Bonjour,

    Je suis le webmestre de france-japon.net , le site que vous avez nommé et je revendique ici un droit de réponse que je vous serais reconnaissant de bien vouloir publier.
    Mon but en reprenant l’article du Canard était simplement de faire réagir devant les inepties énoncées! Je reconnais que cela pouvait prêter à confusion et vais ajouter une explication dès que possible pour clarifier ma position.
    J’ai moi-même critiqué l’article en commentaire (le premier).
    Merci de votre compréhension et merci de votre article très bien fait et auquel j’adhère totalement!
    Cordialement,

    Christian Bouthier, webmestre de france-japon.net

    Commentaire par bcg | 10 février 2009 | Répondre

  5. Bonjour

    J’ai reçu récemment sur ma messagerie un courriel émanant soi-disant de la FCPE, qui reprend un article du canard enchaîné sur la gratuité des frais de scolarité des enfants français à l’étranger, article qui est à l’origine d’une certaine excitation.
    Ce courriel ne mentionne pas de source : après recherches sur le site WEB de la FCPE, j’ai trouvé un texte intéressant (www.fcpe.asso.fr/ewb_pages/e/etranger_gratuite.php) qui prend du récul et dément partiellement les informations contenues dans le courriel, lequel mélange allègrement vérités et exagérations.
    Toutefois, même si l’article du Canard est excessif , il me semble dénoncer à juste titre la gratuité des frais de scolarité sans conditions de ressources, laquelle me paraît totalement contraire aux principes de solidarité qui fondent la pacte républicain.
    Il y a aussi de l’exagération dans le texte de Segalavienne qui me paraît un peu excité et ne semble guère préoccupé par ces questions de redistribution entre classes aisées et personnes modestes. En France, il est vrai que les gens de gauche, un peu écoeurés par le « paquet fiscal » de 1997, doublement du salaire du Président, etc…………… sont plutôt sensibles à ces questions de redistribution.

    Commentaire par dd | 23 février 2009 | Répondre

    • Et que pensez-vous de « la gratuité des frais de scolarité » à Triffouillis-les-oies, sans conditions de ressources, par rapport aux « principes de solidarité qui fondent la pacte républicain » ? Les Français qui vivent à l’étranger dans des villes où l’Etat français possède des lycée doivent être punis alors que la plupart participent bénévolement au rayonnement de notre pays ?

      Commentaire par segalavienne | 23 février 2009 | Répondre

  6. Si l’Etat est mis à contribution, il doit avoir un droit de regard non seulement sur les tarifs des établissements français à l’étranger mais encore sur leur usage actuel et surtout sur leur finalité.

    Pour qui et pourquoi quoi des lycées en français à l’étranger? Avec quels personnels? Que font les autres pays européens? Ce serait intéressant d’en savoir plus pour commencer à réfléchir plus concrètement à la question qu’en inoquant urbi et orbi les droits inaliénable des petits Gaulois (Service public à la française)

    Pourquoi ces établissements sont-ils plus chers ici que là? Logique de coût (salaires versés, bâtiments) ou logique de marché (prix pratiqués par des établissements comparables)?

    Qui, en dehors des familles françaises vivant à l’étranger souhaitant voir leur rejeton scolarisés en français, y envoient leurs enfants?

    Quel taux de remplissage aujourd’hui et dans quelle proportin Français étrangers?

    Quels arbitrages devraient-ils être faits, à capacité constante, entre les candidats français (qu’on peut imaginer dès lors plus nombreux) et les amoureux locaux de la culture française souhaitant voir leur progéniture bénéficier de notre culture rayonante?

    Posture bien française, pour le coup, de se situer sur le terrain des Grands Principes sans examiner la faiabilité, le coût et l’incidence redistributive (Bien vu DD) des mesures qu’on revendique.

    Bref, nous attendons pour parfaire notre opinion des compléments plutôt que des envolées lyriques .

    Commentaire par cybertonton | 28 février 2009 | Répondre

  7. Encore une fois Sarko a parlé trop vite ! Mais SegalàVienne, lui aussi, s’est emballé.

    De deux choses l’une, en effet.

    Ou bien, il s’agit d’un Droit, hérité de la conception française du service public (NB, ce droit là n’existe guère ailleurs semble-t-il). C’est ce que signifie la gratuité qui, hors de l’exercice de ce droit, paraitrait socialement injuste au regard des disparités de situations matérielles des Français vivants à l’étranger. Dans cette hypothèse où semblent s’être placés Sarko et SegalàVienne , tous les Français de l’Etranger (mais, peut-être même, tous les citoyens de l’UE, aie, aie, aie) doivent pouvoir y accéder. Problème : Il n’y a pas partout de lycée français ! Loin s’en faut Comment exercer ce droit si on est au service du rayonnement de la culture française au cœur de la brousse, de la savane, de la pampa ou de la taïga ?

    Ou bien, il s’agit d’une revendication de « bourse », propre à aider les familles qui ne peuvent à scolariser leurs enfants. On n’est plus dans l’universel mais dans le catégoriel. C’est le cas (ce n’est qu’un exemple) des demandes que pourraient défendre au nom de leurs administrés les élus des campagnes éloignées des villes universitaires, sollicitant une aide financière sous forme de bourse ou des places dans une résidence, et dans ce cas celle-ci doit être démocratiquement étudiée par la Représentation Nationale parmi toutes les autres. A nos députés de dire ce qui leur parait juste, et notamment de fixer des limites à cette aide en termes de montant et de seuil de revenus. Au sénateur des Français de l’étranger de défendre le projet. Mais pas au Super Président d’en décider dès lors que cette mesure a des implications budgétaires. SegalàVienne est parti trop vite sur ses Grands Chevaux !

    C’est un travers bien français que d’habiller des revendications catégorielles derrière des Grands Principes. SegalàVienne est un expert en la matière, illustrant son propos d’une photo célébrant la Fraternité entre les peuples. Les aAnglo-saxons n’ont pas cette pudeur. Ils ne considèrent pas qu’il soit contraire à l’honneur de défendre son bout de gras. Nous, si ! A tort ou à raison ? A chacun d’en juger.

    Commentaire par Joelle et JP | 1 mars 2009 | Répondre

  8. L’article du Canard n’a jamais eu la volonté de faire apparaître tous les français à l’étranger comme des nantis. Il souligne par contre la légèreté des propos démagogiques lancés sans réfléchir pour séduire et leurrer un électorat potentiel. Sous des aspects de grande égalité, cette démarche pourrait être profondément… injuste. Même le rapport de l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Etranger fait bien apparaître que cette proposition lancée par Mr Sarkozy est un gros « boulet ». Mais ça faisait tellement sympa !
    A mon sens, ce n’est pas sur la gratuité des frais d’écolage qu’il fallait réfléchir mais sur le système des bourses. Même si celui-ci ne sera jamais parfait, il serait plus pertinent par rapport aux anomalies citées par le Canard. L’opinion publique française se fiche de ce problème ; commentaire souvent entendu : il n’y a pas d’école publique gratuite en Autriche ? Et j’avoue que je n’aurai ni la prétention ni l’arrogance de justifier le « choix français » par un critère de supériorité qualitative. Il vaut mieux, sinon mon couple risque l’incident diplomatique ! (ma conjointe est enseignante dans un lycée autrichien avec première langue… français)
    Cordialement
    Jean-Paul Brugière

    Commentaire par Jean-Paul | 15 mars 2009 | Répondre

  9. Bonjour,

    Je suis completement d’accord avec vous! Les francais a l’atranger ne sont pas tous des expats! Je vis a Londres depuis 10 ans et ne suis pas une expatriee, et la qualite de vie est bien differente avec mes connaissances expat’ qui sont de plus aidees pour le placement de leurs enfants au Lycee Francais de Londres (liste d’attente raccourcies, frais payes par les boites… ). Apres c’et un choix de vie.
    Je viens d’atre mutee a Vienne, d’ou mon possage sur ce blog par ailleurs fort interessant, et j’espere bien avoir une qualite de vie meilleure a Vienne qu’a Londres sans mon statut d’expat.

    Commentaire par Sandrine | 3 avril 2009 | Répondre

  10. Juste deux petites mises au point :
    A quel pays les français de l’étranger paient-ils leurs impots ?
    Qui finance les écoles française à l’étranger ?
    Ne voyez-vous pas un problème ?

    Commentaire par Jeanno | 30 juin 2009 | Répondre

    • Les Français de l’étranger payent généralement leurs impôts dans le pays d’accueil, et aussi en France s’ils louent leur appartement français. Les écoles françaises sont financées en partie par l’AEFE (état fr.), en partie par les familles. n’oubliez pas qu’une école française sans enfant ayant le français an langue maternelle perdraient tout son sens, car c’est bien sûr par la présence d’enfants francophones qui permet au projet pédagogique de garder sa pertinence. Jeanno, si vous êtes en vacances en Allemagne et accidenté, vous comptez payer l’hôpital ou préférez-vous miser sur des accords entre les pays ?

      Commentaire par segalavienne | 30 juin 2009 | Répondre

  11. Ayant beaucoup travaillé sur la question des Français à l’étranger, je pose cette question. (un peu provoc, je l’avoue!)
    Pourquoi ne pas considérer les Français de l’étranger comme des immigrants lambda? Leurs enfant iraient donc à l’école publique du pays habité, comme Fatima, Ousmane et Pedro le font en France.
    Si les parents décident de les scolariser dans un lycée français, choix personnel, pourquoi ne payeraient-ils pas des frais de scolarité?

    Commentaire par Fesdjian Sophie | 5 septembre 2010 | Répondre

    • 1. Si l’État français décide, via l’AEFE et le MAE, de créer des établissements français à l’étranger – ce que ne font ni l’Algérie de Fatima, ni le Portugal de Pedro, ni le Sénégal d’Ousmane – il FAUT qu’il y ait des Français (disons des francophones), pour que le projet puisse tenir la route. Dans ce cas, pourquoi prendre seulement les riches (en sélectionnant sur les frais d’écolage) ?
      2. Quant à ta dernière question, « Si les parents décident de les scolariser dans un lycée français, choix personnel, pourquoi ne payeraient-ils pas des frais de scolarité? », elle néglige toute notion de service public. Si MON PAYS finance un hôpital, une route ou une école près de chez moi, au nom de quoi seuls les riches auraient-ils le droit de les utiliser ? Si en tant que mère, tu décides de faire soigner ton enfant dans un excellent hôpital financé par l’État, choix personnel (sic) [par exemple Villejuif en cancérologie], tu aimerais que je te demande « Pourquoi ne payerais-tu par les frais de soin ? », sous-entendant, « t’avais qu’à aller au dispensaire de Guéret dans la Creuse où tu résides » ? (exemple fiction !)

      Commentaire par segalavienne | 5 septembre 2010 | Répondre

  12. Ok, cher Jérome, je ne veux pas te fâcher mais puisque les Français de l’étranger que j’ai rencontrés pour mes enquêtes, riches ou pauvres, sont très souvent méprisants vis à vis du pays où ils vivent et crachent notamment sur le système scolaire de ce dit pays (notamment au Québec), j’ai un peu de ressentiment sur le sujet!

    1 : Les lycées français ont été créé dans le cadre du rayonnement culturel de la France, on peut penser que c’est bien, on peut penser qu’il s’agit d’impérialisme… Ils existent, tant mieux, mais sont souvent élitistes…

    2. Je suis évidemment pour le service public à Villejuif comme à Guéret, mais je ne vois pas comment peut fonctionner un service public international… Je ne suis hélas qu’anthropologue! Si ces lycées doivent devenir gratuit alors qu’ils le soient pour tous…
    Mais je dois être « naïve » comme disent mes étudiants américains quand je leur parle de la laïcité comme neutralité respectueuse des différences…
    —————————————————-
    Le discours de France Diplomatie :

    Objectifs

    – Développer rapidement la capacité d’accueil des lycées français à l’étranger (agrandissements, rénovations, constructions nouvelles), meilleurs vecteurs de l’influence française à l’étranger.
    – Augmenter le nombre des enfants scolarisés en français et initiés à la culture française.
    – Contribuer à la formation d’une élite, les élèves étrangers issus de nos établissements devenant des interlocuteurs précieux dans le cadre des responsabilités qu’ils assumeront plus tard.
    – Développer en amont le vivier des étudiants qui pourront venir poursuivre leurs études supérieures en France.
    – Soutenir les efforts à l’exportation des entreprises françaises en étoffant le réseau des établissements scolaires auxquels recourent leurs expatriés.

    http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/les-francais-etranger_1296/scolariser-vos-enfants-etranger_1398/lycees-francais-etranger_35060.html

    Pas de trace d’un service public pour tous?

    Bon de toutes façons, ce qui m’intéresse, c’est de réfléchir sur la création et l’utilisation des catégories : expat, immigré, migrant… Le reste, ça me dépasse un peu!!

    Commentaire par Sophie | 5 septembre 2010 | Répondre

    • Très chère, on en reparlera de vive voix.
      1. « Ils existent, tant mieux, mais sont souvent élitistes… » Oui, d’autant plus élitistes que réservés aux riches, en accord avec celles et ceux qui comme toi, refusent la gratuité de l’éducation.
      2. Service public international : ben par exemple quand j’ai besoin d’une nouvelle carte d’identité, de déclarer une naissance, un mariage, des papiers au moment de la vente d’un apparte etc. je vais dans un lieu qui se nomme « consulat » et je ne paye pas plus que dans une mairie en France🙂
      Si maintenant je mets mes enfants au lycée français, parce que je pense que c’est mieux pour leurs études à venir en France et que cela aide le lycée d’avoir des francophones… je dois payer environ 500 € par mois et par enfant ! Tu comprends mieux le désarroi ? Et ce désarroi est d’autant plus important que les cadres des grandes boîtes qui déboulent ont la scolarité payée par leur boîte et que les diplomates français ont des salaires triplés (je sais de quoi je parle) pour mettre leurs enfants dans ces établissements.
      A suivre !
      J

      Commentaire par segalavienne | 5 septembre 2010 | Répondre


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