Le petit flambeau

L'Autriche vue par un universitaire français…

L’Autriche paradis du secret bancaire (suite) : un pays au service des dictateurs

Le président autrichien Heinz Fischer avec Bachar el-Assad (c) AP - Et dire que c'est là que je cours le plus souvent (Parc de Schönbrunn !)

En 2009, de peur de figurer sur la liste noire des paradis fiscaux, l’Autriche avait accepté « de fournir des informations bancaires si des soupçons justifiés et argumentés lui [étaie]nt présentés, y compris en l’absence de procédure pénale», ainsi que l’avait déclaré le ministre autrichien des finances de l’époque, Josef Pröll (cf. ce billet). C’était surtout, à l’époque, l’argent placé par les Russes – souvent sous forme d’investissements immobiliers – qui faisait scandale. Des journalistes s’étaient émus de l’origine des fonds et  l’exemple du « clan Loujkov », du nom de l’ancien maire de Moscou,  avait fait couler beaucoup d’encre dans les rédactions. Seulement, aujourd’hui, avec les révolutions en cours au Moyen-Orient, on réalise que ce sont les familles Kadhafi et Assad qui avaient en Autriche de solides bases arrières. Bien entendu, en Europe, la France, l’Allemagne ou la Grande-Bretagne ont aussi servi pour les investissements de dictateurs de toute sorte (et se sont servis par la même occasion !). Il est cependant intéressant de noter que l’Autriche a aidé à préparer la fuite du clan Kahadafi et imprimé les billets syriens (cf. articles ci-dessous de Blaise Gauquelin, tels qu’on peut les lire sur son site).

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15 septembre 2011 Posted by | Uncategorized | , , , , | Laisser un commentaire

L’Autriche, paradis du secret bancaire… et du dopage ?

Le Wegschauen autrichienLe ‘Wegschauen’ expliquerait-il à la fois le traitement expéditif de l’affaire Fritzl, la tradition du secret bancaire et le problème du dopage en Autriche ?

Il y a un phénomène propre à la culture autrichienne dont je voudrais donner ici un aperçu, c’est celui du « Wegschauen », qu’on pourrait traduire littéralement par « l’art de regarder ailleurs ». Il se retrouve assurément dans de nombreuses sociétés mais il semble, dans le cas autrichien, qu’il soit bien développé et surtout institutionnalisé. Je l’ai évoqué dans deux précédents billets en marge de l’affaire Fritzl, au sujet, d’une part, des lois fixant les délais qui permettent en Autriche d’effacer les condamnations inscrites dans les casiers judiciaires et, d’autre part, à propos de la réaction des écrivains autrichiens à cette affaire. Dans un excellent article paru le 20 mars, au moment de la fin de l’affaire Fritzl, Maurin Picard a lui aussi évoqué ce  « Wegschauen » pour s’interroger sur tout ce qui n’a pas été abordé pendant le procès, tout ce qui a été soigneusement placé sous le tapis : le fait que l’homme avait été condamné pour viol, que l’administration l’a laissé adopter ses petits-enfants sans s’inquiéter du sort de la mère, le rôle de sa femme, qui n’a pas été abordé, ni celui d’éventuels complices pour l’aménagement de sa cave. Au contraire, comme l’an dernier, les journaux populaires ont titré sur l’image de l’Autriche, dénonçant les médias étrangers (voir aussi cette dépêche intéressante de William J. Kole, en anglais).

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30 mars 2009 Posted by | Autriche, Catholicisme, Sport | , , , , | 7 commentaires