Le petit flambeau

L'Autriche vue par un universitaire français…

Prise de pouvoir de l’extrême droite en Autriche

 

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Partis arrivés en première position au premier tour des élections présidentielles du 24 avril, en bleu l’extrême droite (détails ici).

Inexorablement, l’extrême droite progresse en Autriche, avec aujourd’hui 35,3% des suffrages exprimés aux élections présidentielles. L’arithmétique électorale d’abord. Les journalistes qui suivent l’actualité autrichienne partent souvent du score de Heinz-Christian Strache, le sémillant président du FPÖ (« parti libéral d’Autriche »), aux dernières élections législatives de 2013. Ils oublient souvent qu’il convient d’ajouter le score du BZÖ (« l’alliance pour l’avenir de l’Autriche », parti de Jörg Haider, sur le déclin depuis la mort de ce dernier en 2008) et le score de la Team Stronach (maintes fois citée sur ce blog), et dont l’orientation idéologique ne fait aucun doute lorsque le président de son club parlementaire compare en séance plénière les réfugiés à des Néandertaliens. On arrivait alors à 30% des voix à l’extrême droite. Le gouvernement étant issu d’une « große Koalition » entre les sociaux-démocrates et les conservateurs, le FPÖ, est rapidement devenu le parti d’opposition. Les élections régionales sont importantes dans un pays fédéral comme l’Autriche et elles n’ont pas lieu en même temps. Au printemps 2015, au Burgenland, une région frontalière avec la Hongrie, ce sont les sociaux-démocrates du SPÖ qui ont accepté de gouverner avec le FPÖ qui n’avait pourtant obtenu que 15% des suffrages (6 points de plus qu’aux élections précédentes). Peu après, ce sont les conservateurs de l’ÖVP qui ont intronisé le FPÖ à la tête de la Haute-Autriche, le parti de M. Strache ayant obtenu 30% des voix (voir « Alerte brune en (Haute-)Autriche »). A Vienne, début octobre, alors que la crise européenne concernant l’accueil des demandeurs d’asile occupait déjà la une de tous les journaux, le FPÖ avait obtenu 31% des suffrages, pas assez pour mettre en péril la coalition entre les sociaux-démocrates et les écologistes dans Vienne-la-rouge. Lire la suite

25 avril 2016 Posted by | Autriche, Extrême droite, FPÖ, Réfugiés, Uncategorized | , | 5 commentaires

Quand la tradition fait perdre la raison

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Grand sourire de connivence entre Norbert Hofer (FPÖ, ici à gauche) et la présidente du Parlement, Barbara Prammer (SPÖ)

En janvier 2012, lorsque Marine Le Pen s’était rendue au grand « Bal des fachos », j’avais signalé dans un article de rue89 que le deuxième vice-président du Parlement autrichien, Martin Graf, du parti d’extrême droite FPÖ, avait été élu avec les voix des sociaux-démocrates (SPÖ) et des chrétiens-conservateurs (ÖVP). Aucun texte ne l’exige mais c’est la tradition qui veut que les deux vice-présidents soient issus des partis arrivés en deuxième et troisième positions. De même, c’était par « tradition » que la présidente du Parlement, Barbara Prammer (SPÖ), avait approuvé la décoration d’Heinz-Christian Strache, qui devait recevoir les plus hautes distinctions honorifiques du pays, la « grande décoration en or avec étoile ». Suite aux dernières élections législatives (analysées ici), on a assisté à l’élection (à bulletin secret) au poste de président(e) et vice-président(e)s. Barbara Prammer a été réélue avec 83,5% des voix (183 députés). Karlheinz Kopf (ÖVP) a obtenu 141 des 178 suffrages exprimés (79%) et, pour le FPÖ, Norbert Hofer a été élu avec 118 voix (soit 66%). Lire la suite

2 novembre 2013 Posted by | Autriche, Extrême droite | , , , , | Un commentaire