Le petit flambeau

L'Autriche vue par un universitaire français…

« Dessiner contre l’oubli » au Leopoldmuseum – impressions mitigées…

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Leo Schejner, dessiné de 2010 à 2103 (c) VBK, Wien/Vienna 2013

Depuis le 17 mai, une nouvelle exposition intitulée « Dessiner contre l’oubli » est proposée au Leopoldmuseum (jusqu’au 2 septembre). Il s’agit de dessins au fusain réalisés par Manfred Bockelmann sur de grandes toiles de jute (150 x 110 cm). A partir de photos anthropométriques faites par les nazis à l’arrivée dans le camp d’Auschwitz, le dessinateur entreprend de restituer la part d’humanité d’enfants qui – pour l’immense majorité d’entre eux – ont péri dans les camps. Sur la soixantaine de portraits dessinés, une bonne trentaine sont exposés.

La plupart ont déjà les cheveux rasés, ce qui était fait dès l’arrivée. D’autres, les enfants roms, ont encore leurs cheveux car leur photo devait servir les projets prétendument « scientifiques » des nazis. Les visages ne sont pas encore marqués par la faim et la douleur, l’artiste s’est appliqué à retranscrire le regard de la façon la plus humaine possible, tentant de leur restituer leur dignité. Pour cela, le détail des yeux est décisif et il explique qu’il cherche le moment où chaque portrait lui « parle ».

Ses motivations demeurent cependant peu claires. Dans l’entretien au quotidien Der Standard, il explique ainsi qu’il avait toujours eu des réticiences à travailler sur l’extermination des Juifs car il n’en avait pas été le témoin. « il y a trois ans je me suis dit ‘En 2013 tu auras 70 ans, il ne manquait plus que ça que tu sois invité à une grande exposition !’ » (source). Lire la suite

21 mai 2013 Posted by | Antisémitisme, Autriche, Mémoire, Nazisme, Roms | , , , | Laisser un commentaire

Des hommes nus, à Vienne

Pierre & Gilles, « Vive la France », 2006

Depuis la mi-octobre et jusqu’à début mars 2013, l’expo qui fait fureur à Vienne est « Nackte Männer« , au Musée Leopold (« Des hommes nus »). L’idée est simple : s’intéresser aux représentations du nu masculin, de 1800 à nos jours. Il y a bien sûr des tableaux d’Egon Schiele car le fondateur des lieux, le très controversé (*) Rudolf Leopold a commencé sa carrière en achetant des oeuvres de ce peintre autrichien tourmenté, mais aussi des tableaux ou des photographies plus modernes comme celle-ci, ci-contre, qui représente trois joueurs de foot dans leur plus simple appareil. L’affiche a été censurée et dans de nombreux arrondissements de la ville, un rectangle rouge a été ajouté sur les sexes.

« Mister Big », de Ilse Haider

A l’entrée du musée, un « Mister Big » de Ilse Haider représente un homme allongé, d’environ 10m de long (ci-contre un « détail »). Beaucoup de touristes se plaisent à se photographier devant. J’y suis passé deux fois : il n’y avait que des femmes. C’était amusant d’observer les visiteurs de l’expo. Mes photos, de quelques oeuvres avec visiteurs sont ici.

Compléments

(*) Sur ce blog : Un pas vers la justice, plutôt qu’une « sensationnelle histoire d’amour » !

27 décembre 2012 Posted by | Uncategorized | , , | Un commentaire