Le petit flambeau

L'Autriche vue par un universitaire français…

La politique de l’emploi en Autriche, l’envers du décor

extrait du film d'Ulrich Seidl, Import Export

extrait du film d’Ulrich Seidl, Import Export (2007)

Il y a encore deux semaines, une équipe du journal télévisé de France 2 venait en Autriche et s’émerveillait du faible taux de chômage. Il est vrai, comme l’a relaté Blaise Gauquelin dans Libération, que la garantie d’une place en apprentissage permet de lutter efficacement contre le chômage des jeunes, 10% en Autriche contre 23% en France (« Emploi des jeunes : l’Autriche forme à tous les ateliers« , 29.11.2012). Seulement, ce que le journaliste omet de signaler, c’est qu’il y a bien plus d’emplois précaires et très mal payés. A l’université où je travaille, par exemple, les femmes de ménages viennent toutes de l’ex-Yougolsavie, elle doivent travailler 32h… payées 20 ! Sur ce blog j’ai souvent dénoncé les emplois plus que précaires qui permettent d’afficher fièrement 4,5% de chômage dans le pays. Mardi 18 décembre, une confirmation officielle de ce que j’écris depuis trois ans est venue d’une étude d’Eurostat sur les bas salaires. Un « bas salaire » est un salaire inférieur à deux tiers du revenu médian. Alors qu’en Suède, seuls 2,5% des salariés touchent un bas salaire, ils sont 15% en Autriche et 6% en France ! Et encore, le bas salaire correspond en France à 9,20 euros de l’heure, contre 8,60 en Autriche. Avec une référence commune (car le coût de la vie est comparable), le taux autrichien serait plus élevé encore. L’Allemagne, dont les néolibéraux nous vantent tant le modèle économique, affiche un taux de bas salaire (pour ce pays <10,20 euros) de 22,2% ! Lire la suite

20 décembre 2012 Posted by | Autriche | , , , , | 3 commentaires

Une autre forme d’esclavage moderne

Vienne, juillet 2012, sur la Gürtel (boulevard circulaire)En allemand, le terme usuel pour la prostitution dans la rue est « Strassenstrich ». Cependant, depuis quelques jours on reparle à Vienne « d’Arbeiterstrich », ce sont tous ces Européens de l’Est, surtout des Roumains et des Bulgares (souvent des Roms), qui viennent vendre leur force de travail au noir pour un salaire horaire variant entre 3 et 8 euros de l’heure. L’été dernier j’avais consacré un billet à une jeune slovaque qui vendait des fraises dans une rue piétonne de mon quartier et qui dormait dans un préfabriqué avec d’autres vendeuses, payées toutes les deux 3 euros de l’heure. Jusqu’en 2014, l’accès au marché du travail autrichien est extrêmement limité pour ces ressortissants européens qu’on a du mal en 2012 à appeler « nouveaux ressortissants »  (c’était en 2007 que la Roumanie et la Bulgarie ont rejoint l’Union européenne). Comme c’est commode pour les particuliers Lire la suite

12 juillet 2012 Posted by | Uncategorized | , , , , , , | Un commentaire