Le petit flambeau

L'Autriche vue par un universitaire français…

Le 8 mai en Autriche…

« C’est pas férié chez vous, le 8 mai ? » C’est souvent ce qu’on me demande à l’approche du 8 mai, depuis près de 7 ans que je vis en Autriche. Lorsque je vivais en Allemagne (1994-2000), c’était la même chose mais ma réponse était simple, « non, ici il n’y a rien le 8 mai, mais cela devrait effectivement être férié, comme jour de la Libération ». En Autriche, hélas, il y a bien quelque chose le 8 mai : les Burschenschaften (corporations pangermanistes) se réunissent sur la Heldenplatz pour pleurer la fin de la guerre (La Heldenplatz c’est la « Place des héros », la place la plus emblématique de Vienne, celle-là même où Hitler fut accueilli en grande pompe le 15 mars 1938). Tout ce que l’Autriche compte de néonazis se recueille lors d’une marche aux flambeaux, pour honorer les pauvres soldats et membres de la SS, morts pendant la guerre. Cette année, ils appelaient pour la première fois à honorer « toutes les victimes », mais personne n’était dupe. Une contre-manifestation était organisée par les jeunes socialistes, les Verts et la représentation officielle de la communauté juive d’Autriche (l’IKG). De nombreux « autonomes » et antifascistes se sont joints à cette contre-manifestation. La police s’est interposée entre les néonazis et ces sympathiques manifestants. Autriche, terre de contrastes.

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9 mai 2011 Posted by | Autriche, Mémoire, Nazisme | , , , , , , | 4 commentaires

De l’identité juive et de la difficulté de son expression à Vienne

Traité sur la Tolérance de Voltaire, Édition Varberg, Amsterdam, 1765

Artikel in der Wiener Zeitung (sachlich aber eher gut), « Eine Frage des Pluralismus » (von Alexia Weiss – hier eine schlechtere Fassung auf Die Jüdische). Eine reine Schande, « Jüdische Kulturschaffende, ausbleibende Entschuldigungen und Fremdschämen » von Bettina Weissengruber auf Die Jüdische, mit meinen Anmerkungen als PDF.

C’est dans une salle archicomble, avec environ 150 personnes, que s’est tenue au Centre de la communauté juive de Vienne, le lundi 17 janvier 2011, une réunion pas comme les autres. Depuis quelques années, le Festival du film juif pose problème à la représentation officielle de la communauté juive en Autriche (IKG). La religion juive a été officiellement reconnue en Autriche dès 1890 (l’islam en 1912, soit dit en passant), et l’IKG a avant tout été fondée pour représenter la religion juive… un peu comme les consistoires en France à l’époque napoléonienne. Toutefois, en l’absence de séparation entre l’État et les religions, cette « Communauté du culte israélite » (traduction littérale) entend décider de ce que doit être la bonne culture juive. A cause de deux films, que les dirigeants de l’IKG reconnaissent d’ailleurs ne pas avoir vus (Brit/convenant, sur les sentiments de femmes orthodoxes vis-à-vis de leur bébé, avant la circoncision, et Fucking different Tel Aviv sur la vie et les amours dans cette ville), le directeur du festival n’a pas eu le droit d’acheter un encart publicitaire pour annoncer les dates du festival dans le mensuel de la communauté, ni d’envoyer (aux frais du festival bien sûr) le programme aux abonnés du mensuel. Excédées par cette forme insidieuse de censure, dont le magasine profil s’était fait l’écho, environ 200 personnes ont signé une pétition pour exiger plus de tolérance, pour que le Secrétaire général aux affaires juives de l’IKG, M. Fastenbauer, ne donne plus d’entretien au nom de la communauté dans les journaux, pour que la liberté artistique soit respectée.

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19 janvier 2011 Posted by | Cinéma, Israel, Judaïsme, Uncategorized | , , , , , , , , | Un commentaire