Le petit flambeau

L'Autriche vue par un universitaire français…

Homo Austriacus titulus

La folie des titres

En Autriche, on ne plaisante pas avec les titres universitaires. Il faut dire que régulièrement les résultats des enquêtes de l’OCDE conduisent au même constat : parmi les Autrichiens de 25 à 64 ans, il y a beaucoup moins de personnes qui ont fini un cursus universitaire que dans les autres pays de l’OCDE (en 2009, 19% contre 30%).

Alors avec une maîtrise en poche, vous pouvez avoir l’impression d’être quelqu’un, un notable, un « Herr Magister Dupont », une « Frau Magisterin Durand ». Lorsqu’on loue un appartement, par exemple, il est d’usage qu’on vous demande si vous êtes diplômé et si oui, à quel niveau. Aussi ne suis-je pas prêt d’oublier mon étonnement lorsque, en arrivant à Vienne à l’été 2004, le syndic qui assurait la gestion de notre immeuble était venu inscrire « Dr. Segal » sur l’interphone de l’immeuble. Une anecdote plaisante en avait découlé : il y avait au rez-de-chaussée un richissime ostéopathe, garant fièrement devant chez nous sa Jaguar décapotable immatriculée « W Osteo 1 » (W pour Wien, Vienne) à côté de son 4×4 « W Osteo 2 ». Seulement, ce spécialiste des massages très spéciaux n’était pas docteur en médecine, si bien que régulièrement, ses patients sonnaient chez moi, n’ayant retenu que l’adresse de leur praticien. J’aurais peut-être dû installer une table de massage dans un coin et m’inspirer du film de Patrice Leconte, Confidences trop intimes, dans lequel le conseiller fiscal joué par Fabrice Luchini devient psychanalyste lorsqu’une patiente se trompe de porte.

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14 septembre 2011 Posted by | Autriche | , , , | 4 commentaires