Le petit flambeau

L'Autriche vue par un universitaire français…

L’aristophilie autrichienne, du refoulement au transfert

L’Autriche n’est qu’un petit pays d’un peu plus de 8 millions d’habitants, une « tête sans membres » (selon S. Zweig) qui n’en finit pas de porter les stigmates liés à la chute de l’empire austro-hongrois, à la fin de Première Guerre mondiale. Plus de François-Joseph ! Le port de la particule ‘von’ est interdit tout comme l’ensemble des titres de noblesse (selon la loi du 3 avril 1919, Adelsaufhebungsgesetz) ! Les descendants des Habsburg n’ont pas le droit de se présenter aux élections et – drame absolu – il n’y a plus de Sissi en Autriche !

Le processus de refoulement est important mais grâce à la Suède, un bon transfert a pu s’opérer. Le mariage de la princesse héritière de Suède, Victoria de son prénom, avec son prof de tennis, le dénommé Daniel Westling qui l’a sauvée de l’anorexie, a été retransmis le samedi 19 juin 2010 pendant NEUF HEURES sur une des deux chaînes de la télévision d’État. Selon les études médiamétriques, plus d’un MILLION d’Autrichiens ont regardé et sagement écouté, en direct, le consentement des époux (selon le tabloïd Österreich, ils n’étaient que 680 000 à « 14h02 » (sic), au début du très noble marathon).

Inquiétant non ? Même pour l’enterrement de Haider (ici mes articles à ce sujet), il n’y avait eu que deux heures de direct !

PS/ En Allemagne, les taux d’écoute étaient presque aussi inquiétants, avec cinq heures de direct (cf.  cet article). On peut penser à d’autres explications dans le cas de l’Allemagne…

21 juin 2010 Posted by | Autriche, Mémoire, Uncategorized | , , , , , | 6 commentaires