Le petit flambeau

L'Autriche vue par un universitaire français…

Archiduc, archi-catho-intégriste, archi-raciste… et archi-adulé en Autriche !

Otto Habsbourg (1912-2011) ressassant le mythe de « l’Autriche première victime du nazisme », en mars 2008

Après Jörg Haider en octobre 2008 et Hans Dichand en juin 2010, voilà à nouveau un décès qui fait couler beaucoup d’encre, avec des obsèques nationales retransmises en direct à la télévision le 16 juillet prochain. L’archiduc Otto de Habsbourg-Lorraine est mort le 4 juillet 2011. Né en 1912, il était le fils aîné du dernier empereur de l’empire Austro-hongrois, Charles Ier (mort en 1922). Avec ce décès, l’Autriche semble prendre à nouveau conscience de la fin de son empire. Les Habsbourg, dont la dynastie s’est développée dès le 13ème siècle, ont profondément marqué l’histoire du pays. A la fin de la Première guerre mondiale, seule la dynastie des Habsbourg fut effacée de l’histoire lorsque la république de « l’Autriche allemande » fut créée. Depuis cette date, l’Autriche n’est plus que la tête hypertrophiée d’un corps sans membres. Au lieu de s’intéresser à l’héritage d’une Autriche supranationale, telle qu’elle put exister du temps des Habsbourg, c’est avant tout la nostalgie d’un pouvoir disparu qui prend le dessus.

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8 juillet 2011 Posted by | Autriche, Féminisme, Mémoire, Nazisme | , , , | 9 commentaires

Une maladresse inaugurale ?

Le Staatsoper en 1939L’institut d’histoire contemporaine de l’université de Vienne a organisé (en collaboration avec l’Institut français de Vienne, le Centre Arnold Schönberg, le ministère de la culture et l’Opéra de Vienne) un symposium sur « la musique, la politique et le national-socialisme en Europe » (ici le programme sur le site de l’Institut français).

Dans l’exposition (qui se tient du 11 mars au 10 avril), accompagnant ce colloque, on peut voir dans le détail comment, suite à l’arrivée des nazis à Vienne, la programmation de l’Opéra national (Staatsoper) a été modifiée (et les musiciens juifs rapidement limogés, cf. mon billet sur le concert du nouvel an). Le 17 mars 1938, c’est l’opéra du compositeur tchèque Bedřich Smetana, Dalibor, qui devait être joué. Pour ne pas froisser les nazis, puisque Smetana représentait l’aspiration à l’indépendance tchèque, c’est Fidelio de Beethoven qui fut choisi.

En raison des bombardements, dix années de travaux furent nécessaires pour reconstruire l’Opéra. Le 5 novembre 1955, soit quelques mois après la fondation de la Deuxième République (avec le départ des Alliés) le Staatsoper fut à nouveau inauguré (voir ces excellentes actualités d’époques). D’après vous, quelle fut l’oeuvre choisie ? Un opéra de Mozart ou un des nombreux autres opéras autrichiens ? Le Dalibor qui avait été déprogrammé en 1938 ? Non, ce fut… Fidelio ! Là encore, on m’accordera le droit d’y voir au moins une maladresse… inaugurale ?

12 mars 2011 Posted by | Autriche, Mémoire, Nazisme | , , , , , | Laisser un commentaire