Le petit flambeau

L'Autriche vue par un universitaire français…

L’Union européenne ? Un « conglomérat de nègres » !

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H.-C. Strache, M. Maréchal-Le Pen et A. Mölzer (premier plan), le 15 novembre 2013 à Vienne

 

L’Union européenne serait une « dictature » à côté de la laquelle le « Troisième Reich serait probablement informel et libéral ». La Commission européenne devrait se demander si elle n’est pas devenue « un conglomérat de nègres » aux mains d’une « bande de lobbyistes ». Tels sont les propos rendus publics le 21 mars et tenus le mois précédent par Andreas Mölzer, député européen du FPÖ, le principal parti d’extrême droite en Autriche. A ce jour, M. Mölzer est en outre tête de liste aux prochaines élections européennes. Interrogé sur ces extraits, il a commencé par nier les propos mais une fois l’enregistrement écouté il a estimé qu’il s’agissait d’une « défaillance linguistique » de sa part et a fini par s’excuser. Lors d’une conférence de presse agitée, le mardi 25 mars au matin, le chef du parti, Heinz-Christian Strache, a estimé que l’affaire était close et que M. Mölzer devait rester à la tête de la liste de son parti. Selon lui le député ne voulait que critiquer la folie régulatrice de la Commission européenne.
Les propos de M. Mölzer ont été tenus pendant la soirée du 18 février au Palais Epstein, annexe du Parlement. Il s’agissait de la présentation d’un livre de Barbara Rosenkranz, candidate du FPÖ aux élections présidentielles de 2010. C’est elle qui expliquait qu’elle ne pouvait pas se prononcer sur l’existence des chambres à gaz puisqu’elle n’avait, comme beaucoup de ses compatriotes que le bagage classique reçu à l’école entre 1964 et 1976. Ce soir-là on trouvait aux côtés de M. Mölzer et Mme Rosenkranz, Wolfgang Dvorak-Stocker (éditeur proche des milieux négationnistes) et Lothar Höbelt, historien de l’université de Vienne proche du FPÖ.
Dernier point (relevé nulle part à ma connaissance), le journaliste qui a enregistré M. Mölzer le 18 février est un journaliste allemand qui travaille pour le Süddeutsche Zeitung. Comment expliquer le fait qu’aucun journaliste autrichien n’ait signalé l’énormité des propos ? Il en allait de même en 2009 lorsqu’un graffiti antisémite présent depuis des mois était découvert sur le monument à la mémoire des pères fondateurs de la Première république autrichienne (cf. ce billet). Heureusement que l’Autriche héberge quelques étrangers !

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26 mars 2014 Posted by | Extrême droite, France, Uncategorized | , , , | 10 commentaires