Le petit flambeau

L'Autriche vue par un universitaire français…

Homo Austriacus et Barbara

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“Sainte Barbara”

En Autriche, si les indigènes(*) ont construit des édifices imposants dans les moindres villages pour honorer leur dieu et les différents éléments de leur mythologie, il n’est pas rare de trouver dans des lieux très reculés des traces de dévotions aussi surnaturelles que pluriséculaires. Au cœur des forêts, on peut ainsi découvrir des constructions en bois de près de deux mètres de haut, souvent abritée des intempéries à l’aide d’un petit auvent, ornées d’une sculpture représentant un homme habituellement assez dévêtu, avec un pagne en guise de cache-sexe. Cet homme, principal personnage de la mythologie la plus partagée dans le pays est appelé « Jésus-Christ ». Il est représenté les bras écartés, cloués sur des planches, et le souci du réalisme de la scène amène souvent les artistes à peindre du sang sur les mains ou dans une plaie sur le flanc. Les indigènes ont aussi l’habitude de placer des croix aux sommets des montagnes, en général sans l’homme susmentionné.

Mais à Vienne, courant autour du Lainzer Tiergarten, le plus grand parc de la ville (**), j’ai découvert sur ce bloc de béton une trace de l’adoration plus discrète, portée par les indigènes à une fée ou déesse appelée « sainte Barbara ».

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Cette femme aux pouvoirs surnaturels est censée protéger les mineurs et, par extension, toutes les personnes qui travaillent sous terre. Une plaque apposée à gauche de la petite sculpture, aux frais de la compagnie ferroviaire nationale, explique qu’une branche d’arbre fruitier, coupée le jour où la sainte est honorée, le 4 décembre, restera fleurie jusqu’au jour où les indigènes fêtent la naissance de l’homme crucifiée, le 24 décembre au soir.

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A l’intersection de deux lignes de métro, le voyageur averti pourra repérer une autre sculpture représentant cette déesse-sainte.

Sur les mœurs et plus généralement la culture des indigènes de ce pays, voir l’importante étude menée en Haute-Autriche : « Das Fest des Huhnes » (La Fête du poulet). Il s’agit d’un documentaire de Walter Wippersberg (1992) dans lequel des ethnologues africains découvrent les rites et les mœurs de Haute-Autriche.

(*) Dictionnaire Larousse, « Indigène » : originaire du pays où il vit.

(**) 2450 ha, à comparer aux 995 ha du bois de Vincennes.

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2 décembre 2019 - Posted by | Uncategorized

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