Le petit flambeau

L'Autriche vue par un universitaire français…

Des tomates bio et écolo, en plein hiver ? Oui, en Autriche !

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Surprise au supermarché du coin de la rue : de belles petites tomates bien rouges, « de Blumau », petite ville située à 150km au sud de Vienne. Or, Bad Blumau est connue pour ses thermes (décorés par Hundertwasser) et là, tout de suite, on comprend le côté génial de l’opération : l’eau chaude qui sort de terre à 124°C est utilisée pour faire pousser des tomates et des poivrons ! Actuellement l’entreprise frutura qui a développé ce système produit 1000 tonnes en bio et 8500 en agriculture dite conventionnelle. Comparé aux produits qui viennent d’Espagne (car sinon 70% des tomates et 60% des poivrons sont importés en Autriche), cela économise un million de kilomètres parcourus en camion et évite l’émission de 28 000 tonnes de CO2. Comme quoi on peut faire parfois du bio, local et saisonnier en tirant profit de la géothermie !

PS/ Avec des forages plus profonds encore, il y a de l’énergie géothermique d’une autre ampleur. Comme je le signalais déjà en 2012, l’Autriche est en pointe dans ce domaine.

20 décembre 2019 Posted by | Autriche, Uncategorized | , , | Laisser un commentaire

Homo Austriacus et Barbara

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“Sainte Barbara”

En Autriche, si les indigènes(*) ont construit des édifices imposants dans les moindres villages pour honorer leur dieu et les différents éléments de leur mythologie, il n’est pas rare de trouver dans des lieux très reculés des traces de dévotions aussi surnaturelles que pluriséculaires. Au cœur des forêts, on peut ainsi découvrir des constructions en bois de près de deux mètres de haut, souvent abritée des intempéries à l’aide d’un petit auvent, ornées d’une sculpture représentant un homme habituellement assez dévêtu, avec un pagne en guise de cache-sexe. Cet homme, principal personnage de la mythologie la plus partagée dans le pays est appelé « Jésus-Christ ». Il est représenté les bras écartés, cloués sur des planches, et le souci du réalisme de la scène amène souvent les artistes à peindre du sang sur les mains ou dans une plaie sur le flanc. Les indigènes ont aussi l’habitude de placer des croix aux sommets des montagnes, en général sans l’homme susmentionné.

Mais à Vienne, courant autour du Lainzer Tiergarten, le plus grand parc de la ville (**), j’ai découvert sur ce bloc de béton une trace de l’adoration plus discrète, portée par les indigènes à une fée ou déesse appelée « sainte Barbara ». Lire la suite

2 décembre 2019 Posted by | Uncategorized | Laisser un commentaire

Héritages

segal_roter_faden_cover.pngDepuis mon arrivée à Vienne, en août 2004, je trouve régulièrement des traces de ma famille Segal, surtout de la période 1916-1938 où mon grand-père vivait avec sa famille en Autriche, mais aussi de la période antérieure, lorsque les Segal habitaient en Galicie, la province la plus peuplée de l’Empire austro-hongrois aujourd’hui partagée entre la Pologne et l’Ukraine. J’ai aussi découvert un pan entier de mon histoire familiale, sur l’internement de mon grand-père en France, son engagement dans la Légion étrangère et ses activités de résistant pendant la Seconde Guerre mondiale.

De ces recherches, sont nées des réflexions, à la fois sur la transmission de valeurs entre générations et sur la façon dont une histoire familiale s’inscrit dans l’histoire de l’Europe. J’ai alors rédigé un manuscrit, « Héritages », qui a été traduit en allemand grâce à Susanne Pertersen et publié aux éditions Konturen sous le titre Wie ein roter Faden. Eine Familie in den Katastrophen des 20. Jahrhunderts (Comme un fil rouge. Une famille dans les catastrophes du 20ème siècle). Ce livre est aussi l’histoire d’un retour à Vienne, le mien, car mon livre concerne quatre générations.

L’un des deux grands quotidiens autrichiens, Die Presse, a publié une page à ce sujet, dans l’édition du 10 novembre dernier (voir la traduction en français). Lire la suite

1 décembre 2019 Posted by | Uncategorized | Laisser un commentaire