Le petit flambeau

L'Autriche vue par un universitaire français…

Face à l’Europe des égoïsmes qui se dessine…

StraSalv

Le vice-chancelier autrichien H.-C. Strache avec le ministre de l’intérieur italien M. Salvini, tous les deux d’extrême droite, à Rome le 21 juin 2018

« Ceux qui luttent peuvent perdre, ceux qui ne luttent pas ont déjà perdu » (Brecht)

 

A l’occasion de la présidence autrichienne du conseil de l’Union européenne, j’ai donné un entretien à Ouest France un autre à La Libre Belgique (Comment l’extrême droite autrichienne laissera son empreinte sur l’Union européenne) et j’ai aidé Jihane Bergaoui, journaliste d’Europe 1, à réaliser six brefs reportages (70 secondes !) diffusés entre le 29 juin et le 2 juillet 2018 (les liens ci-dessous renvoient vers les fichiers mp3).

L’entretien de 16 minutes avec Michael Genner, président d’Asyl in Not (Asile en danger) mérite d’être écouté en intégralité (il parle bien français). Ci-dessous pour les pressé.e.s, quelques notes prises en écoutant cet entretien.

Il s’agit d’une ONG indépendante de l’Etat autrichien avec huit employés, la plupart travaillant officiellement pour 10h (M. Genner est lui retraité depuis cinq ans et travaille bénévolement). Cette ONG a été fondée en 1985 par des réfugiés iraniens avec des artistes autrichiens, sous le titre « Comité de soutien aux personnes persécutées pour des raisons politiques ».

Pour Michael Genner, il s’agit d’une association d’un type nouveau : caritative, humanitaire et politique. Les personnes aidées viennent aujourd’hui souvent d’Afghanistan, d’Irak, d’Iran, de Turquie… Parfois les demandeurs d’asile viennent avec une réponse négative du BFA (centre fédéral pour l’asile, Bundesamt für Fremdenwesen und Asyl). Les interviews au BFA sont de vrais « interrogatoires », la procédure d’asile est devenue un jeu de loterie.

Asil en danger gagnent quelques centaines de procédures par an sur environ 1500 personnes défendues. Concernant les conséquences du nouveau gouvernement : « c’était déjà très dur avant. Une aggravation est toujours possible, c’est le cas ».  On constate « de plus en plus de refus d’asile, pour des raisons absurdes, scandaleuses et cyniques ». Par exemple « tous les Afghans mentent ». Il y a de nouveaux fonctionnaires à la cour qui prennent des décisions pour l’asile qui sont des « flics primitifs ». « Ils sont racistes, on le voit dans la formulation des décisions ». Il semble qu’il existe un ordre informel « faites comme vous voulez, mais donnez une réponse négative. »

46% des recours déposés par l’association aboutissent en 2ème instance. Cela montre que les cours d’appel sont encore indépendantes et jugent mauvais le travail fait en première instance.

Jusqu’en 2016, les Afghans obtenaient au moins une protection subsidiaire puis le gouvernement a suivi les conseils d’un soi-disant expert, Karl Mahringer, qui a dit que l’Afghanistan était un pays sûr pour y renvoyer des demandeurs d’asile (cf. cet article du profil). Bien sûr il y a des attentats, mais il suffit de contourner les zones où cela peut exploser.

Les Kurdes de Turquie n’ont presque aucune chance, même ceux qui ont combattu contre Daech. Au mieux ils peuvent être « tolérés ». « Ils ont défendu nos valeurs européennes face à l’islamisme ». A propos d’un cas précis : « il ne reçoit pas l’asile, il est juste toléré ». Son organisation n’est pas sur la liste des organisations terroristes européennes mais la Turquie déclare son association comme étant « terroriste » car kurde.

Actuellement les demandeurs d’asile sont aidés soit par la Diakonie ou la Volkshilfe, soit par une organisation de « flics infiltrés » (Verein Menschenrechte
Österreich). A partir de 2019, l’Etat veut annuler les contrats avec la Diakonie et la Volkshilfe.

MM. Kurz, Orbán, Seehofer et d’autres veulent une « forteresse Europe ». « Je crois à l’Europe de la démocratie, du progrès social. On ne sait pas qui va gagner. Ceux qui luttent peuvent perdre, ceux qui ne luttent pas ont déjà perdu… »

M. Kurz est prêt à une lutte même militaire contre les réfugiés et migrants. On va avoir un automne « chaud ». M. Kurz veut fermer les frontières mais ça ne va pas marcher. Jamais dans l’histoire, des mouvements de migration on été durablement gênés par des murs. L’Empire romain a périclité, cette forteresse Europe ne tiendra pas non plus.

Pour faire un don à Asyl in Not:
IBAN: AT29 3200 0000 0594 3139
BIC: RLNWATWW

3 juillet 2018 - Posted by | Uncategorized | , ,

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