Le petit flambeau

L'Autriche vue par un universitaire français…

Du passé faire table rase ?

braunauEn 2016, Hitler est encore gênant pour les autorités autrichiennes. Que faire de sa maison natale, à Braunau, non loin de Linz, en Haute-Autriche ? Depuis cinq ans l’État autrichien paye un loyer à une propriétaire peu scrupuleuse, simplement pour que cette dernière ne loue pas plutôt à des gens qui risqueraient d’attirer les néonazis et autres nostalgiques du Troisième Reich, comme c’était le cas jusqu’en 1989, avant que la stèle ci-contre soit apposée. Pendant longtemps la maison était louée par les autorités autrichiennes pour qu’une résidence pour handicapés occupe les lieux, mais la propriétaire a refusé les travaux qui auraient été nécessaires pour un fonctionnement conforme aux besoins des résidents. De ce fait, le gouvernement autrichien a décidé au Parlement l’expropriation de la locataire (avec dédommagement bien sûr), mais pour tenter d’exister politiquement face à l’encombrant ministre des Affaires étrangères (le sémillant Sebastian Kurz dont j’avais dressé le portrait), le ministre de l’Intérieur qui a en charge les questions de mémoire, Wolfgang Sobotka, a annoncé la veille de cette décision que la maison serait « rasée », alors même que la commission d’experts avait statué différemment. Les associations de victimes, elles, n’ont même pas été consultées. J’ai donné le mardi 18 octobre un entretien en direct à Fabienne Sintès (France Info) à ce sujet.  Lire la suite

20 octobre 2016 Posted by | Uncategorized | , , | Laisser un commentaire

Rivalité de la mémoire et de l’oubli

bechardgasse-23A nouveau, voilà un invité sur ce blog, Louis-Albert Serrut, auteur réalisateur qui après avoir raconté ses impressions à la vue de l’une des tours de DCA conservées à Vienne, aborde ici un autre aspect de la mémoire de la Seconde Guerre mondiale.

Étonnements d’un touriste à Vienne – Rivalité de la mémoire et de l’oubli

Une amie m’a fait lire, inscrit à la craie sur le trottoir, Bechardgasse 23, dans le troisième arrondissement de Vienne, un texte en allemand. « In Gedenken an Bronia Lichtenstein liebevolle Mutter und Nachbarin, die heute den 11.10. im Jahr 1943 in Auschwitz ermordet wurde ». Sa signification est si transparente que sa traduction devient presque inutile : « A la mémoire de Bronia Lichtenstein, mère aimante et voisine qui aujourd’hui le 11 octobre en l’année 1943 a été assassinée à Auschwitz. »

Cette inscription qui rappelle le drame est un geste de mémoire qui refuse l’oubli. Retracée chaque année avec les mêmes mots à la date anniversaire, l’inscription manifeste la volonté de survivance de la mémoire de la déportée. Elle est un de ces événements que mentionnait Vladimir Jankélévitch dans son texte « L’imprescriptible » publié dans « La Revue administrative » de février 1965. Lire la suite

19 octobre 2016 Posted by | Mémoire, Uncategorized | , | Laisser un commentaire