Le petit flambeau

L'Autriche vue par un universitaire français…

Les Néos : « money über alles » – Retour sur les élections régionales et municipales à Vienne

Meinl-ReisingerLe jour du vote pour les élections régionales et municipales à Vienne, le 11 octobre dernier, des dizaines milliers de Viennois ont reçu un SMS de Beate Meinl-Reisinger, la tête de liste des Neos, les néolibéraux d’Autriche, les appelant à faire le bon choix dans l’isoloir. Sur leur site web, quelques jours auparavant, les militants de ce parti étaient appelés à « amener les gens aux élections » à l’aide d’un « outil SMS » (Brin­gen wir die Leute zur Wahl! SMS Tool). L’objectif affiché était ambitieux, 135 000 SMS à envoyer, on ne sait s’il a été atteint. Le contenu exact du message était « Aujourd’hui c’est un jour d’élections à Vienne ! Utilise ta voix et décide dans quelle direction à l’avenir Vienne doit aller. Beate Meinl-Reisinger ». Du coup, le chef de campagne de ce parti a estimé qu’il ne s’agissait pas d’une publicité électorale, mais d’une « information » visant à améliorer la participation. Le 1984 d’Orwell n’est pas loin ! Quelques réactions hostiles sont apparues sur les réseaux sociaux mais les Neos ont répondu qu’ils avaient « tout simplement acheté les numéros à la poste » (tout le monde peut le faire ici). Pas besoin de voter pour les Neos, ce parti jouet d’un milliardaire du BTP (*), le néolibéralisme est déjà bien avancé dans le pays ! (cf. ce billet)
Concernant les élections régionales, les résultats sont les suivants : SPÖ (sociaux-démocrates) 39,6% des suffrages exprimés, FPÖ (extrême droite) 30,8%, Verts 11,8%, ÖVP (chrétiens-conservateurs) 9,2%, Neos 6,2% et Andas (communistes, verts de gauche et « pirates ») 1,1%. La plupart des personnes qui se disent de gauche ont sauté de joie car Heinz-Christian Strache, le leader d’extrême droite, n’est pas devenu maire alors que les sondages annonçaient un coude à coude pour le poste de maire. Ceci dit, de toute l’histoire de l’Autriche d’après-guerre, l’extrême droite n’a jamais été aussi puissante. Des quartiers entiers, historiquement « ouvriers » et ancrés à gauche, ont voté majoritairement FPÖ (Simmering au sud et Floridsdorf au nord – aux municipales, seul Simmering est arrondissement « bleu »). En 1996, lorsque Jörg Haider avait obtenu 27,9% à ces mêmes élections, c’était la panique générale. Aujourd’hui, des amis de gauche m’ont reproché d’avoir posté ces résultats sur Facebook le soir des élections en mettant en caractères gras le score de l’extrême droite. Résignation ou politique de l’autruche ? Lire la suite

14 octobre 2015 Posted by | Autriche | , , | 4 commentaires