Le petit flambeau

L'Autriche vue par un universitaire français…

La semaine où l’Europe a cessé d’exister

Dessins

Dessins d’enfants, Hauptbahnhof, Vienne

Lundi 14 septembre je suis parti avec une autre équipe d’un journal télévisé français, pour préparer des sujets sur ce qu’on appelle « la crise des réfugiés », même s’il s’agit de personnes qui malheureusement ne sont pas encore réfugiées. Je devais retrouver à Salzbourg l’équipe en provenance de Munich – où j’étais, plein d’espoir, la semaine dernière. J’ai donc vu les contrôles aux frontières, les trains vers l’Allemagne pour la plupart annulés et les demandeurs d’asile agglutinés dans le hall espérant monter à bord, alors que des cordons de policiers les en empêchaient ; les tentes de l’armée et de la Croix rouge sur la place de la gare, les regards tendus et épuisés. L’Europe se disloque appelant au mieux à des quotas de répartition dont le fonctionnement est tout à fait illusoire (*). Le peu que nous avions, ce sentiment d’appartenance à un destin commun, tout cela se délite.

J’ai pu mener quelques entretiens. Ainsi, dans le train partant de Vienne j’ai fait la connaissance de Mohammed qui m’a confié son histoire avant que l’on se mette à jouer aux échecs sur mon téléphone. Il est né en Syrie mais il est « réfugié palestinien » (**) : c’est son père qui a été chassé de ses terres en 1948. Ce dernier a passé quelque années à Ramallah avant de se retrouver dans un camp syrien, à Yarmouk, un quartier de Damas (recherches faites, il semblerait que ce camp n’existe que depuis 1957).  Lire la suite

17 septembre 2015 Posted by | Uncategorized | 3 commentaires