Le petit flambeau

L'Autriche vue par un universitaire français…

Des relents de nazisme, à nouveau autour du ballon rond

jeannée-proUne fois de plus, le football professionnel est l’occasion en Autriche d’observer des relents de nazisme, comme en 2008 pendant la Coupe d’Europe de foot (cf. ce billet). Michael Jeannée, chroniqueur au très populiste Kronen Zeitung, a fait dans l’édition de mardi 8 juillet deux allusions à la culture nazie en déclarant son amour pour l’équipe allemande. Le titre d’abord, « Jogi, Jogi über alles, über alles in der Welt », se réfère à la première strophe du „Deutschlandlied“ (Deutschland, Deutschland über alles, über alles in der Welt), alors que seule la troisième constitue aujourd’hui l’hymne allemand (« Jogi » est le surnom du sélectionneur de l’équipe allemande, Joachim Löw). A la fin de sa tribune, Jeannée écrivait en outre « Heute die Brasilianer und morgen die ganze Fußballwelt. Mit einem Endspielsieg in Rio » (aujourd’hui les Brésiliens et demain tout le monde du football, avec une victoire finale à Rio). Il reprenait là des passages d’un chant nazi Es zittern die morschen Knochen, où l’on entend « Denn heute da hört uns Deutschland / Und morgen die ganze Welt. ». Fait exceptionnel, la rédaction a décidé de modifier cette tribune de Jeannée et ce qui figurait dans l’édition du soir était coupé dans l’édition du matin.

En France, Eric Zemour déclarait de son côté que « L’Allemagne gagnait quand y avait que des dolichocéphales blonds », remettant au goût du jour les théories racistes de Georges Vacher de la Lapouge (1854-1936) sur les Aryens. Lire la suite

9 juillet 2014 Posted by | Uncategorized | 11 commentaires

Six mois de détention préventive pour un jeune manifestant allemand

(c) photo de Matthias Cremer (Der Standard)

Josef S. (c) photo de Matthias Cremer (Der Standard)

Mise à jour, 19/8/14 : dans son jugement en première instance, le 22 juillet 2014, le tribunal de Vienne a condamné Josef S. à 12 mois de détention, dont huit avec sursis, il a donc été libéré le jour même.

L’Akademikerball, ce bal organisé chaque année, fin janvier, par le principal parti d’extrême droite, le FPÖ, a fait l’objet il y a cinq mois de vives contestations. Environ 6000 manifestants étaient encadrés par 2000 policiers et un quart du centre historique était bouclé et même interdit à la presse (cf. ce billet). Grâce à une question adressée à la ministre de la justice par le groupe parlementaire des Verts, on sait que suite aux manifestations du 24 janvier, près de 700 plaintes ont été déposées par le parquet : 517 pour atteinte à la paix publique (‘Landfriedensbruch’), 91 pour détériorations matérielles et 70 pour infraction à la loi interdisant le camouflage. On compte aussi quelques plaintes pour appartenance à une organisation criminelle ou terroriste, en vertu du redoutable paragraphe 278 du code pénal autrichien qui est à l’origine du procès contre les défenseurs des animaux qui s’est toutefois fini par une vague générale d’acquittements après des détentions provisoires abusives (cf. ce billet et cet article paru dans Le Monde libertaire).

Une seule personne a été arrêtée après les 549 contrôles d’identité de la fin janvier, un certain Josef S., étudiant de Iéna, 23 ans, accusé d’avoir porté atteinte à la paix publique (il risque pour cela jusqu’à deux ans de prison selon le §274 du code pénal). Lire la suite

6 juillet 2014 Posted by | Uncategorized | , , , | Un commentaire