Le petit flambeau

L'Autriche vue par un universitaire français…

80 ans plus tard, relents d’austro-fascisme

PuerstlFévrier 1934, à Vienne, c’est d’abord une guerre civile opposant les représentants du Parti social-démocrate (Republikanischer Schutzbund) au Front patriotique (Vaterländische Front). Le conflit dure une petite semaine et se solde par un lourd bilan : environ trois cents morts, victoire des conservateurs-fascistes, fin du multipartisme et début de l’austro-fascisme. Les médecins, en cabinet ou dans les hôpitaux, signalaient immédiatement à la police, liée aux conservateurs, tout blessé suspect qui arrivait. Du coup, de nombreux sociaux-démocrates ont succombé à leurs blessures sans recevoir de soins.

L’histoire ne se répète pas, elle bégaie, c’est bien connu. Le surlendemain des échauffourées qui ont émaillé les manifestations contre le grand bal de l’extrême droite (cf. billet précédent), un débat télévisé était proposé sur ORF2, une des chaînes de la télévision nationale. Parmi les invités Franz C. Bauer, le président du syndicat des journalistes, tentait de comprendre pourquoi la police avait interdit aux journalistes d’accéder au périmètre de sécurité autour du palais impérial. Avec une morgue étonnante, le  président de la police de Vienne, Gerhard Pürstl, expliquait doctement que c’était pour les protéger qu’il n’avaient pas le droit de s’approcher du bal. Les propos les plus inquiétants ont été tenus un peu plus tard, lorsqu’une jeune femme ayant participé à l’organisation des manifestations, Natascha Strobl,a critiqué l’emploi inconsidéré des matraques et des gaz lacrymogènes. Lire la suite

28 janvier 2014 Posted by | Antisémitisme, Autriche, Extrême droite | , | Un commentaire