Le petit flambeau

L'Autriche vue par un universitaire français…

The Vienna Project

Cliquer pour zoomerLe 23 octobre dernier, à l’occasion des 75 ans des pogroms de novembre, un grand projet autour de lieux de mémoire liés à la Seconde Guerre mondiale a été lancé à Vienne en présence du président de la République autrichienne, The Vienna Project. Une artiste et chercheuse étasunienne, Karen Frostig, a su regrouper autour d’elle une équipe interdisciplinaire composée d’artistes, d’une spécialiste de projections sur bâtiments, d’une experte en médias sociaux, d’un informaticien, d’un historien spécialisé dans « l’intervention de l’histoire dans le présent »… et de votre modeste serviteur, en charge au départ de l’identification de 38 sites et de la conduite des recherches associées. L’un des intérêts de ce projet est qu’il ne se limite pas à la mention des victimes juives. Sept groupes ont été identifiés, dont les opposants politiques, les Roms, les homosexuel-le-s, les témoins de Jéhovah et les partisans slovènes. Si les Juifs ont été les plus nombreux parmi les victimes (65 000 sur une population initiale estimée à 200 000 personnes en 1938), peu de personnes savent qu’entre 80 et 90% des Roms autrichiens ont été exterminés. Lors de la soirée d’ouverture à l’Odeontheater, on pouvait ainsi écouter Robert Schindel lire un de ses poèmes, des morceaux joués par le Philharmonics (une formation du Philharmoniker de Vienne), mais aussi apprécier les performances de la rapeuse rom Sandra Selimovic.

Si le 8 mai est en France le jour férié marquant la fin de la Seconde Guerre mondiale, en Autriche la situation est encore peu claire, même si, comme je le soulignais en mai 2013, elle évolue favorablement. Pour de nombreux Autrichiens, souvent sympathisants d’extrême droite, ce jour demeure un jour de tristesse, avec marche aux flambeaux à la mémoire des soldats engagés pour l’Allemagne nazie. Le 8 mai sera cette année le jour de la clôture du Vienna Project, avec quelques surprises de taille. En attendant, des nombreuses performances et actions sont prévues. Sur les 38 lieux, de la peinture est déposée au sol avec des pochoirs pour inscrire « Que se passe-t-il quand on arrête de se souvenir » (What happens when we forget to remember?) dans une douzaine de langues. De nombreux passants s’arrêtent et c’est toujours l’occasion de leur parler du projet, d’autant plus facilement que des lectures ont lieu ou que des petits discours sont tenus (le tout dans l’espace public). Comme certains lieux ont été choisis dans des quartiers populaires absolument pas touristiques (comme la Hellerwiese dans le 10ème arrondissement), c’est aussi un public inhabituel qui est touché. Une application sur téléphone portable (gratuite) a aussi été développée pour permettre à toutes et tous de se renseigner sur ces lieux et leur inscription dans l’histoire douloureuse de cette ville.

NB : Le 27 janvier, à l’occasion de la journée internationale du souvenir de la déportation, pas moins de trois activités sont proposées.

Compléments

23 janvier 2014 - Posted by | Uncategorized | , ,

Aucun commentaire pour l’instant.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :