Le petit flambeau

L'Autriche vue par un universitaire français…

Éléments de culture fiscale autrichienne

Gotteswerk2A l’heure où l’on songe, en France, à passer à l’imposition à la source, comme dans les autres pays d’Europe, il peut être opportun de signaler comment cela se passe en Autriche. Ici, pas de notion de « foyer fiscal », chaque personne est imposée dès qu’il ou elle a des revenus supérieurs à 1050 euros bruts mensuels (ou 11 000 euros annuels). Au-delà de cette limite, le taux d’imposition est de 36,5% pour tout ce qui est gagné au-dessus de 11 000 euros, puis 43,2% pour la tranche de 25 à 60 000 euros et 50% pour ce qui est gagné à partir de 60 001 euros (cf. formule). On peut avoir de nombreux enfants et un conjoint au chômage, cela ne change rien ! Le système est plus individualiste qu’en France et peu nataliste, même si les allocations familiales (« Familienbeihilfe »)sont plus généreuses (environ 600 euros mensuels pour trois enfants, cela dépend des âges).

En soit, la retenue à la source n’est pas critiquable mais elle accroît sans doute, de facto, les inégalités car les plus riches ont tous un conseiller fiscal, « Steuerberater » en allemand. Il y en a 5000 en Autriche (4995 au 1er novembre selon la Kammer der Wirtschaftstreuhänder), sans compter les « Wirtschaftsprüfer » pour les entreprises. Ces conseillers peuvent accéder directement en ligne à votre dossier fiscal (sur simple accord oral de votre part). Ils peuvent déduire pour vous les frais de garde des enfants, les camps de vacances, les activités que vous payez pour vos enfants l’après-midi (l’école c’est que le matin !) et même une partie des impôts que vous payez pour votre religion, si vous vous êtes déclaré catholique, protestant ou juif (attention : chaque année j’entends des Français-es qui avaient répondu négligemment à la question sur la confession au moment de leur installation et qui ont reçu ensuite une note salée du diocèse !). Et oui, on a du mal à l’imaginer en France mais l’Autriche vit sous un régime concordataire. L’Église catholique réclame 1,1% du revenu brut annuel (avec quelques réductions selon la situation familiale), les protestants prennent 1,5% et les juifs se contentent de 180 euros annuels. Dans tous les cas, c’est déductible jusqu’à 400 euros… ce qui fait qu’indirectement l’État finance les religions, ce qui n’est pas rien dans le cas de l’Église catholique car 400 millions ont été récoltés en 2011 par le « Kirchenbeitrag ». Dans le budget annuel 2012, l’État autrichien a rendu 120 000 euros aux catholiques, et plus généralement l’État dépense annuellement environ 3,8 milliards d’euros pour l’Église catholique.😦

Enfin, lorsqu’on reçoit le décompte annuel, on a le droit à quelques statistiques sur l’utilisation des impôts sur le revenu, avec la répartition suivante.

Reçu qqs heures après publication : « merci pour vos articles qui m’aident á mieux comprendre l’Autriche. Ma fiancée a reçu une facture du diocèse car elle s’est « naïvement » déclarée catholique. Doit-elle absolument la payer? »

Steuer-Verteilung-fr

Compléments

26 novembre 2013 - Posted by | Autriche | , ,

2 commentaires »

  1. Eh eh, pas trop dur à imaginer pour moi, le régime concordataire est encore en vigueur en Alsace-Moselle😉

    Commentaire par Etienne | 26 novembre 2013 | Répondre

    • Je dirais d’ailleurs😦

      Commentaire par segalavienne | 26 novembre 2013 | Répondre


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