Le petit flambeau

L'Autriche vue par un universitaire français…

La pauvreté culturelle d’un institut dit « culturel »

IF-Autriche-pt

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Ce qu’on appelait l’Institut français de Vienne est devenu il y a deux ans « l’Institut français Autriche ». Comme on peut le lire sur le site correspondant, « L’Institut français est l’opérateur de l’action culturelle extérieure de la France. Il a été créé par la loi du 27 juillet 2010 relative à l’action extérieure de l’état (sic) et par son décret d’application du 30 décembre 2010. Placé sous la tutelle du ministère des Affaires étrangères, il est chargé, dans le cadre de la politique et des orientations arrêtées par l’état (sic), de porter une ambition renouvelée pour la diplomatie d’influence. Il doit contribuer au rayonnement de la France à l’étranger dans un dialogue renforcé avec les cultures étrangères et répondre à la demande de France dans une démarche d’écoute, de partenariat et d’ouverture ».

Alors que nous propose l’Institut français Autriche dans sa dernière lettre d’information ? Et bien d’abord deux annulations : la lecture de Marie NDiaye (d’accord, cela peut toujours arriver) et l’ensemble des Journées du théâtre francophone qui devaient se tenir au théâtre de la Drachengasse (sans la moindre explication). L’événement qui est mis en avant est un festival, « myFrenchFilmFestival » ! On appréciera d’abord l’effort de l’Institut français pour le rayonnement de la langue française. De quoi s’agit-il ? Il faut le lire soi-même pour le croire :

Ce festival a lieu en ligne du 17.01.-17.02. 2013. Durant cette période, tous les films disponibles en Autriche peuvent être consultés sur le site web « flimmit » sous forme de stream – en version originale, sous-titrés en allemand, anglais ou espagnol. On peut acheter des « billets » pour l’ensemble du festival (à 15,99 euros – formule forfait), pour les longs métrages (à 11,99 euros), les courts métrages (à 5,99 euros) ou quelques longs métrages (à 1,99 euros  pièce) et courts métrages (à 0,99 euros pièce ).

Voilà donc le point fort de la programmation : on apprend le 1er février que des films sont à voir sur l’internet du 17 janvier au 17 février à prix réduit. Un conseiller culturel et ses adjoints « attachés » (tous payés entre 6000 et 8000 € par mois nets d’impôt sur le revenu !) nous invitent à regarder chez nous des films français (en lecture continue, « streaming » en anglais). Ils osent appeler cela un « festival » et ceci est mis à la une de leur lettre d’information… Un festival, c’est avant tout un « temps en dehors du temps » (selon l’expression d’Alessandro Falassi), un lieu d’échange et de rencontre entre festivaliers. Ce qui fait le festival, ce sont les échanges entre les artistes et leur public, les discussions… c’est donc l’antithèse de cette triste promotion commerciale.

Compléments : Festivals and the Cultural Public Sphere, edited by Gerard Delanty, Liana Giorgi, Monica Sassatelli, London/New York: Routledge, 2011 (votre serviteur a contribué à cet ouvrage avec un article intitulé  « Cannes: ‘A French International Festival‘ » dans le cadre du projet EURO-FESTIVAL).

PS / Ce soir, 5 février, c’était l’inauguration de la grande exposition de la saison à l’Institut français, quelques caricatures du dessinateur Plantu sur l’histoire des relations franco-allemandes (oui oui, en Autriche – après tout pourquoi pas). L’exposition est un peu maigre (une petite salle) mais assez bien présentée. Nous étions quelques un-e-s à imaginer que l’artiste serait là mais non, c’est le 28 janvier qu’il était à Vienne, pour montrer l’exposition aux VIP invités à l’ambassade. Voilà qui relève encore d’une conception de la politique culturelle que je ne partage pas.

2 février 2013 - Posted by | Uncategorized | ,

11 commentaires »

  1. J’espère que mon commentaire ne sera pas retiré, comme le précédent.
    L’Institut n’a jamais annoncé cette manifestation comme « la grande expositon de la saison ».
    Vous aviez tort (une fois de plus) de penser que l’artiste serait présent : ce n’était annoncé nulle part.
    Ce n’était pas le 28 janvier, mais le 22, que Plantu avait été invité à l’ambassade. Je n’y étais pas, et cela n’a pas gêné mon ego !
    Je n’approuve en aucune manière votre approche sur une prétendue « pauvreté culturelle » de l’Institut. Qui vous autorise donc à porter un tel jugement ? Quelle est votre rôle ici ? Quelles sont vos fonctions représentatives de la France ? Quelle formation culturelle avez vous (à part 2-3 ans au sein de ce même Institut) ?
    Je ne suis, de mon côté, qu’un honnête citoyen français, qui, depuis 36 ans (vous étiez à peine né) apprécie le travail de l’Institut français (d’ailleurs créé pour être au service des Autrichiens et non pas des seuls Français).
    Salutations distinguées.

    Commentaire par Robert | 6 février 2013 | Répondre

    • Le dernier message était « Et vous, Jérôme, c’est quoi ? Un festival de rancoeur à l’égard de l’Institut. En tant que Français, vous devriez avoir honte ! C’est tout simplement inadmissible ! Aujourd’hui, je ne vous salue pas. »
      N’ayant pas compris cette question (avant que l’auteur s’explique par courriel), je ne l’avais pas validé. En fait il essaye de dire que j’organise un « festival de rancoeur »… ce qui n’appelle pas de réponse de ma part.

      Commentaire par segalavienne | 6 février 2013 | Répondre

  2. Et pour ce message ? J’espère avoir quelques réactions quand même !

    Commentaire par Robert | 6 février 2013 | Répondre

  3. Bonsoir,
    Je ne sais pas qui a eu l’idee de ce festival de films on-line mais il donne une petite image de l’action culturelle francaise. J’espere vivement que ce n’est pas avant-coureur de furures restrictions budgetaires. Si la France veut maintenir un reseau culturel d’excellence (pour ses compatriotes autant que pour les habitants du pays d’accueil) elle doit s’en donner les moyens. On peut si on veut recuser le terme de « pauvrete » culturelle car un film est bon ou mauvais independament du festival qui le diffuse. Neanmoins on a ici un ersatz de festival. Verra-t-on un jour une diplomatie on-line? Il y a la aussi pas mal d’economie a la clef… et beaucoup a perdre en terme d’influence, qu’elle soit politique ou culturelle.
    Un lecteur regulier de ce blog.

    Commentaire par Anonyme | 6 février 2013 | Répondre

  4. « Qui vous autorise donc à porter un tel jugement ? Quelle est votre rôle ici ? Quelles sont vos fonctions représentatives de la France ? Quelle formation culturelle avez vous (à part 2-3 ans au sein de ce même Institut) ? »

    houhou!!!! Si c’est pas beau ça ! Non mais quand même Jérome, c’est vrai à la fin : « qui vous autorise donc » ?!

    C’est ce genre de réaction, tant à l’oral que dans des commentaires de forum qui traduit la vision de la Culture Française à l’étranger que certains expatriés continuent de chérir : une culture d’entre soi, où les hiérarchies socio-financières font autorité, indifférente à la vie locale.

    Bref, un parfum méphitique rôde sur les événements des Expat’-jusqu’au-bout-des-ongles.

    Bon courage Jérome avec ces honnêtes citoyens français !

    Commentaire par Anonyme | 7 février 2013 | Répondre

    • Merci !

      Commentaire par segalavienne | 7 février 2013 | Répondre

    • Bonsoir « Anonyme ». Comme l’on dit : la critique est aisée, mais l’art est difficile ». Le travail es l’Institut, justement, est exemplaire, compte tenu des ressources financières qui sont les siennes. Voilà plus de 35 ans que je suis à Vienne, et je n’ai jamais eu rien à dire contre ses activités qui, soit dit en passant, ne sont pas destinées, en priorité, aux « expatriés » (ce terme à l’air de vous écorcher la bouche), mais aux autochtones. Et même s’il y avait des reproches à lui faire, compte tenu de mes « compétences » en la matière, je ne m’autoriserais (!) pas à les exprimer en public. Quant à sentir « des parfums méphitiques » sur les Évènements des « Expats », j’avoue ne pas comprendre le sens de cette phrase.
      Jérôme, pour finir, n’a pas à avoir « bon courage », car, de toutes façons, il n’a, pour autant que je sache, aucun rôle à jouer dans la communauté française de Vienne. Il n’est ni notre gourou, ni notre représentant. Bien à vous. Robert Ouvrard, qui persiste et signe.

      Commentaire par Robert | 7 février 2013 | Répondre

      • Cher Robert,

        « honnête citoyen français » me rappelle le héros de Lacombe Lucien, un film de Louis Malle que vous avez peut-être vu. Ce n’est pas un hasard je crois.

        La grande différence entre vous et moi, c’est que j’ose communiquer mes idées et mes impressions. Je n’ai pas besoin de votre autorisation, ni de celle de l’ambassadeur, son sous-chef ou son sous-sous-chef, pour écrire ce que je pense d’une vulgaire promotion commerciale présentée comme « festival du film » à la une de la lettre d’informations de l’institut. De même, je trouve choquant que l’attaché culturel nous annonce dans son petit discours d’ouverture qu’il est très content que Plantu soit venu en janvier (le 22 ou le 28, qu’est-ce que ça change ?)… et pas pour l’inauguration. Quelle manque de diplomatie, justement ! Il aurait été si simple de dire « malheureusement Plantu n’a pas pu être là ce soir et pour des raisons de place nous n’avons pas pu présenter son exposition au public lorsqu’il est passé en janvier » ou quelque chose comme ça.

        Les avis que chacun peut porter sur certains aspects de la programmation sont sans rapport avec nos rôles dans la « communauté française de Vienne » ! Un balayeur autrichien qui se pointerait à l’institut, un « grand professeur » d’université, un ministre ou un serveur de restaurant, tout le monde a le droit d’avoir un avis et de l’exprimer (c’est ce qu’on appelle la pluralité d’opinions). Mais vous, Robert, vous vous conduisez comme une serpillière devant tout ce qui porte des galons, de peur de ne pas pouvoir venir l’année suivante à l’Institut faire votre 47ème conférence sur Napoléon (et il reste effectivement d’importants sujets à aborder, j’en suis bien conscient, « quelles étaient les chaussettes préférées de Napoléon lorsqu’il était à Schönbrunn ? », « Est-ce que en fin de compte, à Austerlitz, il n’y avait pas une petit peu de brume ? »). C’est cela la « hiérarchies socio-financières » évoquée dans le commentaire précédent, à laquelle vous vous soumettez avec une dévotion qui ne cesse de m’impressionner… et c’est cette même hiérarchie qu’en tant que libre penseur je récuse.
        Cordialement tout de même,
        JS

        PS / N’oubliez-pas, Robert, RIEN ne vous oblige à me lire avec une telle avidité (Facebook + blog !). Je peux comprendre qu’à 75 ans, installé dans une confortable vie de retraité, les journées puissent être longues, mais pourquoi toujours commenter avec malveillance ce que j’écris ? Il y a de belles grilles sudoku dans les journaux, cela ne vous tente pas ?

        Commentaire par segalavienne | 7 février 2013

      • Jérôme. Le problème avec vous, c’est que vous exprimez votre rancoeur à l’égard de l’Institut, et (inconsciemment ?) votre regret de n’y être pas resté. Toutes vos interventions, ici mais aussi ailleurs, ne sont que négatives et malveillantes. Et vous laissez penser à vos lecteurs que vous êtes le seul à avoir LA vérité. Vous êtes négatif, JAMAIS positif. Vous vous proclamez « libre penseur » : prenez garde qu’un jour vous n’ayiez plus cette liberté, cela peut arriver.
        Mais cela ne vous rend pas apte à critiquer violemment le travail de gens consciencieux, car rien ne vous permet de l’être. Je n’aurais jamais, pour ma part, apprécié que quelqu’un n’ayant aucune idée de mon travail, vienne le critiquer.
        Votre ironie à mon égard, digne de la cour de l’école, digne d’un potache, ne me fera pas sortir de mes gonds, n’ayez pas cette espérance.
        Ne vous inquiétez pas pour moi, mes journées sont fort occupées, et je n’ai pas besoin de votre sollicitude. Mais si je continue à vous lire, c’est pour ne pas vous laisser le champ libre et laisser penser que je capitule et que je vous donne raison.
        En fait, vous n’êtes pas « libre penseur », vous êtes un anarchiste, doublé d’un (habile ?) provocateur.
        Pas vraiment cordialement, pour être sincère.
        Robert
        Pour la référence à Lacombe (mais je ne vais jamais au cinéma), vous faites fausse route : je suis un électeur socialiste convaincu., et non pas un « facho ».

        Commentaire par Robert | 7 février 2013

  5. Ahh, on peut enfin souffler depuis mai : les socialistes sont enfin de retour, garants de grands idéaux et c’est – comme promis – le changement (enfin bon, le changement qui pointe à l’horizon) !
    => 1
    « Vous vous proclamez « libre penseur » : prenez garde qu’un jour vous n’ayiez plus cette liberté, cela peut arriver. »
    => 2
    « En fait, vous n’êtes pas « libre penseur », vous êtes un anarchiste […]

    C’est beau comme… comme… comme du Béria ?
    Bon allez, on notera la bonté d’âme du Grand Trieur qui te laisse un sursis…

    BON COURAGE Jérôme !

    Commentaire par peheu | 10 mars 2013 | Répondre

  6. Bravo Jérôme, vous vous battez presque seul, courage, continuez, nous avons tous besoin de votre voix, surtout si elle dérange!
    Eve

    Commentaire par Anonyme | 11 mars 2013 | Répondre


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