Le petit flambeau

L'Autriche vue par un universitaire français…

Des trains qui roulent grâce à l’exploitation des Hongrois-es

A bord d'un train autrichien...

A bord d’un train autrichien…

Premier billet de l’année… à nouveau sur l’exploitation éhontée des pays voisins de l’Autriche. Non, il ne s’agit pas l’exploitation des banques du Liechtenstein ni des travailleurs des chocolateries helvétiques, mais bien des pays situés à l’est, en l’occurrence la Hongrie. La compagnie nationale des chemins de fer autrichiens, l’ÖBB, a privatisé depuis longtemps son service de restauration à bord, dans un premier temps en confiant ce service à l’entreprise E-Express et, plus récemment, depuis avril 2012, à l’entreprise Do&Co qui, elle-même, a chargé sa branche « Henry am Zug » d’assurer cette mission. Seulement voilà, selon le syndicat VIDA, la moitié des employés de « Henry am Zug » sont embauchés selon des contrats hongrois. Les salaires varient entre 450 et 600 € par mois, avec des temps de travail parfois de 10h sans pause. Une employée relate que le chef du service à bord d’un train lui faisait porter des talons aiguilles, ce qui est bien sûr particulièrement délicat lorsqu’on doit travailler si longtemps debout dans un train en mouvement.

Sur Facebook, « Henry am Zug » tente de se défendre, affirmant que ce ne sont pas la moitié des contrats qui suivent le droit hongrois mais seulement 17% et que les payes sont de toute façon largement supérieures au salaire minimal de ce pays. Quand on connaît la valeur réelle du salaire minium hongrois (par exemple en lisant ce livre), on saisit la faiblesse de la réponse. La défense sur Facebook est d’ailleurs risquée pour l’entreprise, une ancienne employée écrit, en donnant la référence des trains sur lesquelles elle était assignée, qu’elle a dû travailler 18 heures d’affilée, deux fois de suite, avec seulement 7h de sommeil entre les deux périodes de travail. (*) Un autre ancien employé critique l’entreprise lorsqu’elle tente de se dédouaner en affirmant qu’il y a des salles de repos pour le personnel : à Hambourg et Francfort c’est visiblement faux. N’est-ce pas là un cas d’école des méfaits des privatisations et d’une construction européenne mal pensée ?

Sources :

A ce sujet (exploitation des travailleurs des pays limitrophes), voir sur ce blog :

(*) « Dem ersten und Zweiten Punkt kann ich als ehemalige Mitarbeiterin nicht zustimmen! Bitte erklären Sie mir am Beispiel EC 172/173, wie die gesetzlichen Arbeitszeiten eingehalten werden. 18 Stunden am Stück arbeiten. 7 Stunden Schlaf. Und wieder 18 Stunden von Hamburg nach Villach retour! Die Ausrede nach 6 Stunden haben Sie 30 Minuten Pause lasse ich nicht gelten, weil wir keine Rückzugsmöglichkeit am Zug haben! »

(**) « Ich frage mich wie ihr die Qualität der Hotels verbessert habt.. Seit ihr jetzt etwa auch etwa in der Hotel Branche tätig?? Und dass es in Hamburg oder Frankfurt/Main Ruheräume gibt ist einfach nicht korrekt…« 

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2 janvier 2013 - Posted by | Autriche | , , ,

Un commentaire »

  1. très légitime contribution en ce début d’ année…Pas de trêve des confiseurs pour dénoncer l’inacceptable.
    PAO

    Commentaire par Anonyme | 2 janvier 2013 | Réponse


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