Le petit flambeau

L'Autriche vue par un universitaire français…

Où l’on reparle du concert du nouvel an, et de son passé brun

Staatsoper_NSJe pensais avoir traité une fois pour toutes du si célèbre concert du nouvel an (dans ce billet)… mais son passé nazi reste d’actualité dans la presse autrichienne (et helvétique). Le député du parti des Verts, Harald Walser, réclame encore et toujours l’ouverture des archives de l’Orchestre philharmonique de Vienne. En attendant cette ouverture, ou qu’au moins une commission d’historiens indépendants soit mise en place, il continue de distiller quelques faits clairement établis, qui n’en finissent pas de jeter une image peu reluisante sur ce concert, retransmis pour plus de 50 millions de spectateurs chaque année dans plus de 70 pays. En 1942, le représentant du Reich pour Vienne et sa région, le Gauleiter Baldur von Schirach, avait reçu l’anneau d’honneur (Ehrenring) de l’orchestre. Pas de quoi s’étonner, en considérant l’époque. Certes. Plus intéressant cependant, en 1966, juste après que ce nazi responsable de la déportation de 185 000 Juifs autrichiens soit libéré de la prison de Spandau, un émissaire du Philharmoniker s’est rendu en Allemagne lui remettre à nouveau cet anneau !

Cette année, la très peu regardante Communauté juive de Vienne, l’IKG, a remis un prix (la Médaille Marietta et Friedrich Torberg) à Clemens Hellsberg, président de l’orchestre depuis 1997, pour son engagement dans le traitement du passé de son orchestre pendant la guerre ! Ces Juifs officiels comme Oskar Deutsch, président de l’IKG, ne sont bien sûr pas des historiens de métier (Oskar Deutsch est le patron d’une entreprise qui vend du café). Lire la suite

2 janvier 2013 Posted by | Autriche, Mémoire, Nazisme | , , | Un commentaire

Des trains qui roulent grâce à l’exploitation des Hongrois-es

A bord d'un train autrichien...

A bord d’un train autrichien…

Premier billet de l’année… à nouveau sur l’exploitation éhontée des pays voisins de l’Autriche. Non, il ne s’agit pas l’exploitation des banques du Liechtenstein ni des travailleurs des chocolateries helvétiques, mais bien des pays situés à l’est, en l’occurrence la Hongrie. La compagnie nationale des chemins de fer autrichiens, l’ÖBB, a privatisé depuis longtemps son service de restauration à bord, dans un premier temps en confiant ce service à l’entreprise E-Express et, plus récemment, depuis avril 2012, à l’entreprise Do&Co qui, elle-même, a chargé sa branche « Henry am Zug » d’assurer cette mission. Seulement voilà, selon le syndicat VIDA, la moitié des employés de « Henry am Zug » sont embauchés selon des contrats hongrois. Les salaires varient entre 450 et 600 € par mois, avec des temps de travail parfois de 10h sans pause. Une employée relate que le chef du service à bord d’un train lui faisait porter des talons aiguilles, ce qui est bien sûr particulièrement délicat lorsqu’on doit travailler si longtemps debout dans un train en mouvement.

Sur Facebook, « Henry am Zug » tente de se défendre, affirmant que ce ne sont pas la moitié des contrats qui suivent le droit hongrois mais seulement 17% et que les payes sont de toute façon largement supérieures au salaire minimal de ce pays. Quand on connaît la valeur réelle du salaire minium hongrois (par exemple en lisant ce livre), on saisit la faiblesse de la réponse. La défense sur Facebook est d’ailleurs risquée pour l’entreprise, Lire la suite

2 janvier 2013 Posted by | Autriche | , , , | Un commentaire