Le petit flambeau

L'Autriche vue par un universitaire français…

Le 8 mai en Autriche… encore, malheureusement encore

Vienne, 8 mai 2012

L’an dernier, j’avais consacré un long billet au 8 mai en Autriche. Les étudiants des corporations d’extrême droite (« Burschenschaften » devenues célèbres en France pour avoir invité Marine Le Pen le 27 janvier dernier) honorent encore les braves soldats de la Wehrmacht et de la SS, morts pendant la guerre. Ils déposent une gerbe dans un monument très controversé, construit par Wilhelm Frass, un archiecte nazi qui racontait au journal naziVölkischen Beobachter, dans l’édition du 25-26 décembre 1938, avoir caché des slogans nazis dans le socle. Les nazillons de 2012 ont toute la Heldenplatz pour eux (place de la résidence impériale – lieu symbolique le plus important de la ville). Celles et ceux qui estiment qu’on devrait plutôt célébrer en ce jour la libération du pays étaient sévèrement encadrés par la police et parqués dans un petit coin. Voir ICI mes photos du jour… et dans le dernier lien (ci-dessous), on apprend que ce n’est que depuis 2002 que le gouvernement autrichien protège les néonazis et leur réservent la Heldenplatz. On apprend aussi que lors de la cérémonie organisée à la Hofburg, l’équivalent de l’Elysée, ni les responsables de l’IKG (représentation officielle de la communauté juive), ni Paul Lendvai (grand journaliste invité pour un discours), n’ont pas eu de soucis à s’afficher aux côtés d’Heinz-Christian Strache (MM. Lendavai et Strache)… alors que le seul parti qui fut du côté des résistants pendant la guerre, le parti communiste autrichien, n’était pas invité (Irma Schwager, une ancienne résistante communiste, n’était pas non plus invitée ! Aucun ancien résistant).

Source :

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8 mai 2012 - Posted by | Autriche, Mémoire | ,

2 commentaires »

  1. Comment peut-on expliquer une telle complaisance à l’égard de ces organisations d’un autre âge?

    Commentaire par Julien | 8 mai 2012 | Répondre

    • Le problème est justement que ces organisations sont moins que jamais « d’un autre age »..on le voit un peu partout en Europe. La question n’est-elle pas plutôt de remplacer ces commémorations par un jour neutre où l’on rendrait simplement hommage aux victimes de toutes les guerres plutôt qu’aux victoires des uns sur les autres. Imaginez que l’Allemagne et l’Angleterre aient décidées de fêter le 18 juin en souvenir de Waterloo… je ne suis pas sur que les nostalgiques de Napoléon apprécieraient beaucoup. On a un devoir de souvenir, certes mais envers ceux qui ont souffert et pas ceux qui ont gagné car de tout temps la victoire des uns est la frustration des autres et entretient le sentiments de revanche et en partie la justification des ces mouvements..En excluant ces extrémistes, beaucoup de jeunes autrichiens ont vu leur vie gâchée pour s’être battus pour leur pays et il n’est que justice de leur rendre aussi hommage ne serait que pour leur dire qu’on a partagé la douleur de cette folie et qu’on n’en veut plus… c’est vrai pour 39-40, pour 14-18, pour 70 et toutes les autres guerres qui ont précédé.

      Commentaire par Claude Tasnon | 9 mai 2012 | Répondre


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