Le petit flambeau

L'Autriche vue par un universitaire français…

Une femme extraordinaire, Anita Lasker-Wallfisch

Wien-Meidling, 11 mars 2011Jeudi 10 mars, pendant que s’ouvrait à l’institut français de Vienne le colloque sur « la musique, la politique et le national-socialisme en Europe » (évoqué dans le billet précédent), Anita Lasker-Wallfisch était elle invitée à l’université populaire de Meidling, un quartier pluriethnique de Vienne où j’ai  le plaisir d’habiter. Mme Lasker-Wallfisch est la dernière survivante connue de l’orchestre de femmes d’Auschwitz. Née à Breslau en 1925, elle a assisté à l’arrestation de ses parents en avril 1942 (ils ont été assassinés peu après). Placée en orphelinat avec sa soeur Renata, elle s’est engagée à 16 ans dans la Résistance. Les deux soeurs ont été arrêtées à leur tour en septembre pour avoir fabriqué de faux-papiers et déportées à Auschwhitz où elle survécurent grâce à la musique : à l’arrivée, Anita a indiqué qu’elle jouait du violoncelle et a pu ainsi rejoindre l’orchestre d’Alma Rosé. A l’arrivée des troupes soviétiques, elle fut ensuite déportée à Bergen-Belsen et y vécut l’enfer. En Grande-Bretagne, elle participa ensuite à la fondation de l’English Chamber Orchestra où elle joua jusqu’à la fin des années 1990.

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12 mars 2011 Posted by | Antisémitisme | , , , | 5 commentaires

Une maladresse inaugurale ?

Le Staatsoper en 1939L’institut d’histoire contemporaine de l’université de Vienne a organisé (en collaboration avec l’Institut français de Vienne, le Centre Arnold Schönberg, le ministère de la culture et l’Opéra de Vienne) un symposium sur « la musique, la politique et le national-socialisme en Europe » (ici le programme sur le site de l’Institut français).

Dans l’exposition (qui se tient du 11 mars au 10 avril), accompagnant ce colloque, on peut voir dans le détail comment, suite à l’arrivée des nazis à Vienne, la programmation de l’Opéra national (Staatsoper) a été modifiée (et les musiciens juifs rapidement limogés, cf. mon billet sur le concert du nouvel an). Le 17 mars 1938, c’est l’opéra du compositeur tchèque Bedřich Smetana, Dalibor, qui devait être joué. Pour ne pas froisser les nazis, puisque Smetana représentait l’aspiration à l’indépendance tchèque, c’est Fidelio de Beethoven qui fut choisi.

En raison des bombardements, dix années de travaux furent nécessaires pour reconstruire l’Opéra. Le 5 novembre 1955, soit quelques mois après la fondation de la Deuxième République (avec le départ des Alliés) le Staatsoper fut à nouveau inauguré (voir ces excellentes actualités d’époques). D’après vous, quelle fut l’oeuvre choisie ? Un opéra de Mozart ou un des nombreux autres opéras autrichiens ? Le Dalibor qui avait été déprogrammé en 1938 ? Non, ce fut… Fidelio ! Là encore, on m’accordera le droit d’y voir au moins une maladresse… inaugurale ?

12 mars 2011 Posted by | Autriche, Mémoire, Nazisme | , , , , , | Laisser un commentaire