Le petit flambeau

L'Autriche vue par un universitaire français…

Hans Dichand n’était pas qu’un magnat de la presse, l’or dure…

nonfiction.fr a repris cet article (ici) dans la rubrique actualités

C’est la citation ci-contre qu’a choisi le groupuscule d’extrême droite « Parti populaire national » pour rendre hommage à Hans Dichand, l’homme qui a fait la Kronen Zeitung (ou Krone comme l’appellent les Autrichiens). Cette citation d’abord : « Je ne suis pas raciste ni contre les étrangers. Je suis simplement contre le fait qu’on soigne un certain dilettantisme d’humanité, aux crochets des contribuables, simplement parce qu’on soutient des parasites sociaux et des criminels. » Évidemment, on a du mal à imaginer cela dans les écrits de l’homme le plus puissant des médias autrichiens… mais il suffit d’entrer « Dichand Sozialschmarotzer » dans un moteur de recherches pour voir les sources les plus sérieuses reprendre cette citation parmi de nombreuses autres, du même acabit.

Dichand a pris le contrôle de la Kronen Zeitung en 1959 et en a fait le tabloïd (ou « journal de caniveau », au choix) le plus populaire au monde, eu égard à la proportion de lecteurs dans le pays. La Krone c’est un tirage à 820 000 exemplaires pour 2,9 millions de lecteurs… dans un pays de 8,4 millions d’habitant (un adulte sur deux !). Même la Bild Zeitung, en Allemagne, feuille de chou tout aussi nauséabonde, ne tire qu’à 3 millions d’exemplaires et ne touche que 11,6 millions d’Allemands.

La Krone c’est le soutien indéfectible à Kurt Waldheim dans les années 1980, c’est la montée en puissance de Haider dans les années 90 (dont Dichand se vantait), la lutte contre les « eurocrates » de Bruxelles, la criminalisation des étrangers, les gros titres récurrents sur la criminalité et les « hordes d’étrangers » qui déferleraient sur l’Autriche… Et dans la Krone, il y a depuis 1989 (!) un certain Wolfgang Martinek qui publie tous les jours, sous le pseudonyme de Wolf Martin, un « poème » en référence à l’actualité. Il honore parfois Hitler, le 20 avril, jour de sa naissance, de façon à peine masquée. En 2008, les sociaux-démocrates ont fait acte d’allégeance en annonçant qu’en cas d’élargissement de l’Union européenne, ils organiseraient un référendum (comme la Krone l’exigeait dans sa lutte contre le Traité de Lisbonne). Récemment (en avril 2010), le journal soutenait ouvertement la candidate d’extrême droite, Barbara Rosenkranz. Une des spécialités de Dichand était les pseudo courriers des lecteurs qu’il écrivait lui-même, dans lesquels il s’autorisait les propos racistes ou les connotations antisémites.

Alors, comment a réagi la classe politique autrichienne à la mort de cette ordure ? (c’est l’avantage du blog, on peutse permettre d’être concis dans l’expression !) Et bien le chancelier Werner Faymann a quitté précipitamment le sommet européen de Bruxelles dès l’annonce de la mort de Dichand, pour en chanter les louanges (« Hans Dichand hat im wahrsten Sinne des Wortes Geschichte geschrieben. »). Le président Fisher (social-démocrate lui aussi), a tenu à rappeler l’intérêt du défunt pour « les arts » (était-ce pour l’édition du 8 mai 1988 de la Krone qui reproduisait en première page un hommage à la fête des mères du peintre nazi Switbert Lobisser ? Cf. cet article du Standard). Le patron de la télévision et de la radio nationales, Alexander Wrabetz, a salué « l’homme des médias qui était exceptionnel »  (« Mit Dichand verliert Österreich einen einzigartigen Medienmacher »). Fellner, qui publie un autre tabloïd, Österreich, a décrit Dichand comme un exemple à suivre (« Dichand war in seiner menschlichen Art immer ein Vorbild »). Juste retour d’ascenseur de la part du cardinal qui avait aussi sa chronique dans le torchon populiste, Schönborn a loué les qualités de Dichand qui avait compris « que la religion fait partie des hommes » (voir son communiqué de presse et ci-dessous, à la fin des compléments, le courriel ulcéré qui lui a été envoyé). Avec un sens certain du devoir vis-à-vis des services rendus, la candidate du parti de Strache aux élections présidentielles, Barbara Rosenkranz, a elle aussi salué la mémoire de l’homme qui n’a « jamais oublié ses racines et vivait jusqu’aujourd’hui dans la modestie » (« Er hat seine Wurzeln nie vergessen und diese Bescheidenheit bis heute gelebt »). La ministre de la recherche et de l’enseignement supérieur, Beatrix Karl (du parti conservateur, ÖVP) a reconnu en Dichand un « médiateur de la science » ( « ein Sprachrohr der Wissenschaft » – pensait-elle aux pages quotidiennes consacrées à l’astrologie ?). Strache, de l’extrême droite FPÖ a loué le lien étroit qui reliait Dichand au peuple (« Kennzeichnend ist seine enge Verbindung zur Bevölkerung gewesen »). Le ministre des affaires étrangères, Spindelegger, a signalé que les résultats de Dichand appelaient le respect (« Seine Leistungen verdienen größten Respekt »). Christoph Leitl, président de la chambre autrichienne du commerce, est de son côté animé par « le plus profond respect » (« Sein Lebenswerk nötigt tiefen Respekt ab »). Stefan Petzner, également de l’extrême droite, mais du parti de Haider (BZÖ), estime que « la voix du peuple va manquer » (« Diese Stimme des Volkes wird fehlen »). Le maire de Vienne, Michael Häupl, un éléphant social-démocrate qui s’apprête à défendre son siège contre Strache en octobre, estime quant à lui que « le succès [de Dichand] aura des effets bien après sa mort » (« Sein Erfolg wird weit über seinen Tod hinaus wirken »). Enfin, Eva Glawischnig, pour les Verts, a certes reconnu « un homme de presse important », mais a mentionné « des parts d’ombre » ‘(« Er war ein bedeutender Zeitungsmacher mit Schattenseiten »). Elle a aussi salué les convictions écologiques de Dichand (voir ce communiqué de presse). Sur son blog, le porte-parole pour les affaires européennes et internationales du petit Parti libéral (2% aux dernières élections législatives), Ronald Pohoryles, s’est tout de même interrogé sur tous ces hommages.

Toutes réactions officielles (à l’exception des deux dernières) sont tout à fait désolantes, affligeantes ! A la mort de Jörg Haider, je m’étais demandé pourquoi un culte national ? Aujourd’hui encore, avec Dichand, considérant les immenses profits générés par son tabloïd, je m’interroge sur la fortune de Dichand, « pourquoi cet or dure ? »

Compléments

  • M. Picard, « Décès du «faiseur de chanceliers» », Le Temps, 18 juin 2010
  • J. Stolz, « Hans Dichand, patron de presse autrichien », Le Monde, 23 juin 2010
  • L. Monnot, « Les sociaux-démocrates autrichiens accusés d’allégeance à un quotidien populiste », Le Monde, 7 août 2008. Première phrase : ///« Je crois qu’une bonne partie des opinions négatives (sur l’Union européenne) est imputable à un média en particulier, la Kronen Zeitung ». L’accusation portée par la ministre des affaires étrangères autrichienne, la conservatrice Ursula Plassnik, qui commentait l’euroscepticisme record de l’Autriche mesuré par le dernier sondage Eurobaromètre, témoigne de l’inquiétude suscitée à droite par une éventuelle collusion entre le Parti social-démocrate (SPÖ) et le tout-puissant quotidien populaire autrichien pendant la campagne des élections législatives anticipées du 28 septembre.///
  • Daniel Vernet, « Hans Dichand – Le porte-voix de l’Autriche »,Le Monde, 7 août 2008. Sous-titre ///Nationaliste et populiste, le directeur du journal le plus influent d’Autriche n’en finit pas de peser sur la vie politique. Il soutient le candidat social-démocrate aux élections législatives du 28 septembre Nation///
  • Axel Gyldèn, « Le Krone, faiseur de rois en Autriche »,  (ici sur le site de L’Express). Extraits : ///La recette du Krone? Des manchettes chocs sur les dangers de « l’immigration de masse ». Des éditos au vitriol contre la « dictature des eurocrates de Bruxelles ». Mais également des faits divers. Des pages pratiques. Sans oublier la pin-up de la page 7. Ni les trois pages de petites annonces érotiques. ///
  • Un film, Kronenzeitung: Tag für Tag ein Boulevardstück
  • « La mort de Jörg Haider – pourquoi un culte national ?« , Regards, publication du Centre communautaire laïc juif (en Belgique), n°675, 4 novembre 2008, pp. 18-19 (PDF)
  • « KurtWaldheim: un «éclaireur» ? », L’Arche, n°591, juillet 2007, pp. 88-89 (PDF)

Courriel adressé au Cardinal Schönborn après son éloge de Hans Dichand

Von: Louise B.
Gesendet: Freitag, 18. Juni 2010 13:55
An:ebs@edw.or.at
Betreff: zHd. Kardinal Schönborn
Wichtigkeit: Hoch

Sehr geehrter Herr Schönborn,

ich schreibe Ihnen, weil ich über Ihre Stellungnahme zum Tod von Hans Dichand entsetzt bin.

Sie sprechen davon, dass Hans Dichand immer die Rolle der Kirche geschätzt habe und sie ihm dafür dankbar seien. Das ist soweit aus Ihrer Sicht völlig verständlich, sie durften in einer wöchentlichen Kolumne schreiben, was Sie wollten. Wenn Sie jedoch dazu übergehen zu sagen, dass Herr Dichand „sehr verantwortungsbewusst das Wohl des Landes“ verfolgt habe, dann frage ich mich: Wie können Sie bloß zu so einer Aussage kommen?

Ich lese also weiter, dass sie „nicht alle seine Entscheidungen und Vorlieben teilen“ – und es ist der kritischste Kommentar, den Sie zu diesem Mann machen – das ist mehr als erschreckend. Unter Vorlieben von Hans Dichand fällt vielleicht sein Verständnis moderner Kunst, sein Autogeschmack, seine Freizeitbeschäftigungen; Unter Entscheidungen, die man bloß „nicht teilt“, vielleicht seine Vorliebe für Tierfotos auf der Seite Eins, aber: Antisemitismus und Rassismus sind keine Vorlieben und Entscheidungen, es sind Verbrechen!

Eine klare, sehr kritische und distanzierte Haltung gegenüber Hans Dichand ist mehr als notwendig: in Zeiten wie diesen, in einem Land wie diesem und auch besonders von Seiten eines religiösen, ja katholischen Glaubensträgers.

Die Kronenzeitung ist von antisemitischen und rassistischen Untertönen durchzogen worden, und das mit Hans Dichand als Dirigenten. Der Vorwurf antisemitischer und rassistischer Untertöne in der Kronenzeitung ist nicht Produkt meiner Fantasie, sondern basiert auf einem Gerichtsurteil (Resultat eines Prozesses gegen Standard-Redakteur Hans Rauscher). Die Beispiel dafür sind unzählig, Wolf Martin ist ein Klassisches. Martin war nicht unkündbar – Hans Dichand hat schlichtweg NIE auch nur versucht etwas dagegen zu unternehmen, dass dieser Redakteur rassistische Reime zum Besten gegeben hat und beispielsweise am 20. April immer wieder Hinweise auf seine Bewunderung für Adolf Hitler platziert hat. Hans Dichand war nicht naiv und dumm: er wusste genau, was er unterstützt und gefördert hat.

Dass politische Entscheidungsträger ihre Kritik an Hans Dichand darauf beschränkt haben, zu sagen er sei umstritten gewesen, ist das eine – es überrascht leider nicht mehr, dass sich politische Parteien in Österreich der Kronenzeitung in vorauseilendem Gehorsam unterwerfen. Sie jedoch sollten nicht nach einer solchen Wahllogik handeln. Mag sein, dass Sie unkritisch sind, weil Sie viele Ihrer Gläubigen als Kronenzeitungsleser vermuten, oder, weil Sie gerne weiter Ihre wöchentliche Kolumne hätten, aber, wenn Sie einen Moment an das Wohl des Landes denken, von dem Sie sprechen, dann müssten Sie kritischere, differenziertere und klarere Worte finden zu einem Mann, der auch und vor allem die Kronenzeitung zu einer erschreckenden Maschinerie gemacht hat, die die Meinungen prägt, aber nicht im positiven, sondern in einem gefährlichen Sinne.

Beste Grüße,

Louise B.

22 juin 2010 - Posted by | Autriche, Catholicisme, Uncategorized | , , , , ,

13 commentaires »

  1. Encore bravo pour votre site. Allez, allez. Pas de fausse modestie. S’il faut vous encourager à continuer, autant le redire: c’est du beau travail, bravo, bravo. Même si c’est souvent très déprimant de le lire. Vous n’y êtes pour rien, c’est le réel qui l’est. Pas seulement en Autriche, d’ailleurs. Un peu plus en Autriche? Hmm, parfois je me demande quand ce pays a cessé d’exister, devenant une caricature de la Suisse, et comme un avant-goût de ce que sera une Flandre catholique indépendante. Je suis assez injuste avec la Suisse.

    Bonne continuation.

    Commentaire par jean | 1 juillet 2010 | Répondre

  2. Merci ! Je prépare justement un billet sur une manifestation où j’étais ce soir…

    Commentaire par Jérôme Segal | 1 juillet 2010 | Répondre

  3. Bon, que Dichand n’était pas quelqu’un de fréquentable par des intrellectuels est un fait…Pas plus que Mme M. Le Pen, ou son désopilant Papa ne sont des gens avec qui je voudrais boire un pot. (De toute facon Dichand et Le Pen etc.: meme combat: c’est les proles qui les ont hissés là ou ils sont…) Mais si le Pen dit qu’il fait beau dehors, et qu’il fait effefctivement beau, que dire? Si un tel dit qu’il y a des Sozialschmarotzer, il me parait difficile de le contredire. Meme la dialectique des gauchistes islamistes les plus endurcis ne convaincront personne! De la caillera il y en a, ne vous en déplaise, et ca ne sert à rien de se voiler la face avec un niqab (bon, calembour facile, OK).

    Commentaire par M. de Gosson | 2 juillet 2010 | Répondre

  4. pas de modérateur ?
    pourquoi laisser passer cette merde ?

    et l’autre, pourquoi une icône nazie ?

    réveille-toi, bonhomme.

    Commentaire par ad | 2 juillet 2010 | Répondre

    • ooooh… je ne donnais que mon opinion….

      Commentaire par M. de Gosson | 2 juillet 2010 | Répondre

  5. @ad, si je suis le modérateur de mon blog.
    Je ne suis pas d’accord avec M. de Gosson mais ses propos ne me paraissent pas répréhensibles.
    1- Dire que les prolos sont responsables du populisme c’est afficher un mépris très aristocratique pour (feue) la classe ouvrière.
    2- « il fait beau » : oui, problématique classique, notamment dans l’opposition au traité de Lisbonne ou Masstricht. Peu importe ce que pense Le Pen.
    3- « Sozialschmarotzer » carton jaune là encore. Dichand criminalisaient les étrangers en insinuait qu’ils profitait indûment des avantages sociaux. Contrairement à MdG, je condamne l’utilisation du terme. Il y a des abus parmi les autochtones… comme parmi les étrangers.
    4- « pourquoi une icône nazie ? » : c’est où ça ?

    Commentaire par segalavienne | 2 juillet 2010 | Répondre

  6. Merci Monsieur le Modérateur.

    Commentaire par M. de Gosson | 2 juillet 2010 | Répondre

  7. Frotte-toi les yeux, l’ami

    Le type qui signe jean il a une icône nazie, toi tu as ta tronche, le de Gosson il a un truc pas clair, et moi j’ai un truc jaune dont je ne suis pas l’auteur.

    C’est gravatar.com qui les attribue et toi comme tu es enregistré chez wordpress on substitue ta photo au petit dessin anodin.

    Anodin sauf quand il ressemble à une croix gammée…

    Je sais que c’est le hasard. Mais le hasard, précisément, c’est notre responsabilité de le contrôler.

    Plus sérieux : dans ton analyse rapidissime du commentaire de Gosson tu as oublié la haine racialo-communautaire (à base religieuse coloniale — demande-lui).

    Moi ce type me semble sehr répréhensible.

    Bon courage

    PS le « vive Sarko » mérite plus d’audience — merci

    Commentaire par ad | 2 juillet 2010 | Répondre

  8. Vive Sarko: nein danke. Vive DSK! Bon, à part ca je ne comprends rien au galimatias de ce Monsieur Ad.

    Commentaire par M. de Gosson | 2 juillet 2010 | Répondre

    • @MdG : tu veux que DSK fasse à la France ce qu’il a fait à la Grèce ?🙂
      ad se livre à une interprétation des formes géométriques à côté des noms. « Jedem sein Spass ».
      Son « vive Sarko » se réfère peut-être à ce texte que j’ai publié il y a fort longtemps « Longue vie au président Sarko » http://jerome-segal.de/Publis/sarko.JPG (à lire jusqu’au bout !). Déc. 2004.

      Commentaire par segalavienne | 2 juillet 2010 | Répondre

  9. Ok, je ne connaissais pas ce texte. Pas mal! Bon, DSK à ses défauts, mais il est de la « gauche intelligente » et un poids international; ses frasques le rendent sympathique (cf. Berlu), et il est juif. Et puis, la Grèce…la France n’est pas aussi corrompue de toute facon.

    Commentaire par M. de Gosson | 2 juillet 2010 | Répondre

  10. même aux mathématiciens spécialistes du simplexe et aux commentateurs des théorèmes de Gödel, il faut tout expliquer :

    Le Sarko c’est le représentant des Roms, Jérôme réveille-toi mon garçon

    Et si tu ne vois pas une croix gammée verte comme un uniforme, c’est que ton écran est mauvais

    Commentaire par ad | 2 juillet 2010 | Répondre

  11. N´ayant que d´autre choix de deplacement que les transports en commun, je m´étonne tous les jours de voir combien de personnes lisent HEUTE distribué gratuitement; en tout cas, sûrement pas pour son contenu « journalistique »; peut-être tout simplement parce que c´est gratuit, facile à lire, avec des peoples et des filles à poil tous les jours? Mais dans ce cas là, les Autrichiens n´ont-ils pas de sens critique? Perso, rien qu´à voir la première page, ca me donne régulièrement envie de vomir…

    Commentaire par T@touille | 12 octobre 2010 | Répondre


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