Le petit flambeau

L'Autriche vue par un universitaire français…

Une autre Europe est possible ! (2)

EuropeEntre 1998 et 2009, peu d’évolution en Europe, hélas, concernant le droit des étudiants à aller vivre dans un autre Etat membre !

Une amie récemment arrivée à Vienne pour cette année universitaire, me faisait part de son désarroi : elle dispose d’un délai de trois mois après son entrée sur le territoire autrichien pour s’inscrire au service « Immigration » (!), « Einwanderung », de la mairie de Vienne (MA35).

Bon, un peu de paperasse, d’accord, mais pas de quoi s’indigner ? Regardez la liste des pièces justificatives demandées (ici en français).

europe-etudiants

Concernant les moyens de subsistance, l’université de Vienne est plus précise (sur ce site) :

« Nachweis ausreichender finanzieller Mittel (z.B. Stipendium, Kontobestätigung, Bestätigung der Eltern…): derzeit € 426,57 pro Monat für Studierende bis 24. Lebensjahr, € 772,40 für Studierende über 24. Lebensjahr, zuzüglich der Kosten für die Unterkunft, sofern diese € 239,15 pro Monat übersteigen. » => il faut donc prouver que l’on gagne plus de 426,57 € (pour les étudiants de moins de 24 ans) ou 772,40 (>24 ans). De plus, si le logement revient à plus de 239,15 €, il faut prouver que l’on a de quoi payer la différence !

Sans cette précieuse « Anmeldebescheinigung » (cf. Meldezettel), pas d’inscription à la fac, pas d’accès aux bibliothèques, pas de compte en banque, pas de contrat avec un opérateur de téléphonie, rien !

Zoomer en cliquant sur limage

"L'Europe, avec des barrières" (zoomer en cliquant sur l'image)

Et pourquoi « 1998 » au début de ce billet ? Et bien parce que j’avais déjà dénoncé ces difficultés en 1998, lorsque je finissais ma thèse à Berlin. Mon permis de séjour, « Aufenthaltserlaubnis », arrivait à expiration le 31 août 1998. Ma femme était à cette époque enceinte de notre deuxième fils. Vers le 20, nous nous étions rendus dès 8h du matin au service d’immigration pour faire prolonger le précieux document. Las, bien que les bureaux ouvrent à 8h, les tickets d’attente étaient déjà tous distribués ! Le 31, naissance de Nathan. Je rentre de la maternité et écoute les messages sur notre répondeur. La directrice du jardin d’enfants où se rend notre petit Clément (3 ans), m’informe qu’à partir du lendemain, elle ne pourra plus l’accepter ! Je l’appelle aussitôt, « Ah oui, on est désolés, on a reçu un appel de la mairie de Berlin-Prenzlauer Berg, votre permis de séjour arrive a expiration, on est désolés, cela n’est plus possible d’accueillir Clément tant que vous n’aurez pas régularisé votre situation. » Je finis par joindre quelqu’un à la mairie, j’expose mon cas, notre échec aux services idoines, une dizaine de jours plus tôt, ma femme qui vient d’accoucher… et après d’âpres négociations, j’obtiens un « délai de grâce » (« Gnadenfrist ») de TROIS jours ! Exaspéré j’avais contacté deux journaux et la taz avait publié le 22 septembre 1998 l’article ci-contre, qui relate l’histoire en la contextualisant.

Pour les archives, ci-contre mon permis de séjour refait le 3 septembre !

Voilà, ma question reste la même, 11 ans plus tard : quelle Europe est-on en train de construire si un(e) étudiant(e) français(e) ne peut pas simplement s’installer à Vienne comme il/elle le ferait à Lyon ou Marseille ?

PS/ Une autre Europe est possible, (1), c’est ici au moment du référendum sur le Traité de Lisbonne.

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14 octobre 2009 - Posted by | Autriche, Europe | , , , ,

6 commentaires »

  1. je me suis toujours demandé : quels sont les arguments en faveurs de tant de procédures administratives ? Pourquoi les pays exigent-ils de délivrer des visas et autres autorisations avant de laisser les étrangers venir sur leur territoire. Peut-être pourriez vous m’aider à mieux comprendre.

    Commentaire par Kalystah | 19 octobre 2009 | Réponse

    • Ce que j’ai décrit sur l’Autriche n’est pas spécifique au pays. Je pense que l’idée est d’éviter que des « pauvres » viennent profiter des avantages sociaux du pays. On exige alors des étudiants qu’ils prouvent qu’ils gagnent assez pour subvenir à leurs besoins. A mon avis, le spays devraient d’abord considérer ce qu’apporte les étrangers, en termes de culture, d’apports linguistiques et même démographiques, dans le cas des étrangers qui restent et font les enfants… dont l’Autriche, comme l’Italie ou l’Allemagne, ont grand besoin.

      Commentaire par segalavienne | 19 octobre 2009 | Réponse

  2. Merci de votre réponse.

    Je suis assez d’accord avec votre réflexion sur les apports des migrants. Surtout au sujet des étudiants et des travailleurs.
    Sans vouloir me montrer nombriliste, je pense que dans mon cas, notamment, on ne apporte bien plus au pays qu’il ne nous donne ! Mon époux – docteur ès micro-électronique – travaille en tant qu’ingénieur chercheur dans une entreprise autrichienne. Son travail est en passe de se montrer très productif vu qu’un brevet devrait prochainement être déposé ! Mon époux rapporte donc de l’argent à l’entreprise, et, par conséquent à l’Autriche.
    En outre nous soutenons la démographie du pays, puisque nous avons migré avec un petit garçon et que notre famille s’est récemment aggrandie avec l’arrivée d’une petite fille.

    Sinon, trève de bavardage et revenons à nous étudiants : Savez vous si les étudiants qui entrent dans le cadre d’Erasmus doivent se plier à ces exigences aussi?

    Commentaire par Kalystah | 22 octobre 2009 | Réponse

  3. bonsoir,

    vous critiquez beaucoup ce pays pourquoi ne aller ailleur étudier.

    Commentaire par robespierre | 23 octobre 2009 | Réponse

    • Permettez-moi de commencer par citer ma boulangère, « Si ça vous plaît pas, vous pouvez aller vivre ailleurs ! », j’ai écrit un billet sur cette remarque (https://jsegalavienne.wordpress.com/2008/10/01/%C2%AB-si-ca-vous-plait-pas-vous-pouvez-aller-vivre-ailleurs-%C2%BB/).
      Pour vous répondre directement : j’aime tellement l’Autriche que je souhaite aider ce pays, avec mes modestes moyens, à faire face à son histoire et à ses problèmes. Et puis, je suis chez moi ici, un Européen en Europe. Qui plus est, un quart de ma famille vient de l’Autriche-Hongrie.
      Enfin, je n’étudie pas ici car j’ai déjà soutenu ma thèse il y a 10 ans, j’y travaille.
      Et vous, pourquoi cette remarque, quelles sont selon vous les qualités requises pour avoir le droit d’émettre des critiques ? (Sie können gerne mal auf Deutsch oder auf Englisch schreiben.)

      Commentaire par segalavienne | 23 octobre 2009 | Réponse


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